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vendredi, 29 janvier 2016

L’Afrique se mobilise contre la « justice » néocoloniale

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Les procès du président ivoirien Laurent Gbagbo et de son ministre de la Jeunesse Charles Blé Goudé viennent de débuter à la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye, aux Pays-Bas.

Comme attendu, ces deux procès connaissent aujourd'hui une mobilisation sans précédent de la part des ressortissants ivoiriens et africains en général, aussi bien à La Haye devant cette même CPI, qu'à différents endroits d'Afrique et du monde.

 

En effet, il s'agit probablement d'une première dans l'histoire de la justice prétendument internationale. Jamais des « accusés » de ladite « justice » n'avaient mobilisé autant de monde en leur faveur. On peut bien sûr se rappeler de Slobodan Milosevic, président yougoslave dont l'arrestation et la détention avaient également mobilisé grand nombre de ses partisans en ex-Yougoslavie et au-delà: tous ceux et celles qui connaissaient et connaissent l'histoire véritable de cet Etat aujourd'hui disparu. Notamment feu Maître Jacques Vergès ayant défendu l'ex président yougoslave et qui connaissait les véritables criminels. La mort de Milosevic, dans des circonstances plus qu'obscures (certains parlent ouvertement d'assassinat) à la prison de Scheveningen, avait aussi révolté plus d'un. On peut également mentionner les autres détenus serbes accusés de « crimes contre l'humanité », alors qu'en parallèle les représentants non-serbes était peu ou pas du tout inquiétés, même ceux responsables des pires exactions possibles sur les civils, y compris viols, tortures, crimes de masse et trafic d'organes humains. « Clin d'œil » en passant à plusieurs hauts-responsables du Kosovo (ou une des plus grandes bases US du monde), grands amis des élites occidentales et occupant aujourd'hui des postes clés dans cette « république », berceau historique de la Serbie, à qui elle a été arrachée et sans aucun référendum. Une sortie illégale par ailleurs entièrement reconnue valide par les USA et leurs suiveurs ouest-européens.

 

 

Mais il y a quand même une grande différence: les époques. L'époque de la dislocation yougoslave et celle d'aujourd'hui sont clairement différentes. Dans le premier cas et en plus de la tragédie yougoslave, il y avait aussi eu l'éclatement de l'URSS, une Russie à genoux, un monde qui était devenu ouvertement unipolaire et des médias à un sens. Aujourd'hui? Un monde dont la multipolarité ne compte pas reculer, des voix alternatives à différents niveaux et notamment au niveau des médias et dont le besoin ne fait qu'augmenter chaque jour qui passe. C'est là toute la différence. La manipulation est devenue beaucoup plus difficile pour les élites de l'Occident, aussi bien au niveau politique que médiatique. C'est pourquoi dans les cas du président Gbagbo et du ministre Blé Goudé, ce n'est au final pas vraiment eux qui risquent d'être jugés, mais bien la CPI et avec elle tout le système de la justice dite internationale, voire tout le système de la politique occidentale.

 

 

Car il n'est aujourd'hui plus possible de mentir aussi facilement qu'avant sur le rôle de tel ou tel leader et sans avoir à en rendre des comptes. Grâce aux alternatives y compris dans l'espace médiatique, chaque personne censée est aujourd'hui capable de se faire sa propre analyse et sa propre opinion. Le cas de la Côte d'Ivoire en est le parfait exemple. Un leader africain instruit, partisan de la démocratie et du pluralisme politique depuis les bancs universitaires, arrivant au pouvoir à l'issue d'élections démocratiques longtemps absentes, réclamant le droit à son peuple de profiter plus de ses ressources (le pays étant de loin le premier producteur mondial des fèves de cacao pour ne citer qu'eux), n'arrangeant pas les appétits néocoloniaux, se faisant déloger par une puissance armée étrangère et extra-africaine. Et se faisant juger aujourd'hui loin de chez lui, de son pays et de son continent. Voilà un résumé qui caractérise cette assez récente histoire ivoirienne. Et sans même prendre fait et cause pour les leaders ivoiriens que sont Gbagbo et Blé Goudé, personne ne réussit jusqu'à maintenant à répondre ne serait-ce qu'à une seule question: de quel droit un président élu de son peuple se fait déloger par la voie armée et par une puissance étrangère n'ayant aucun mandat à cet effet? Aucune réponse si ce n'est celle de l'injustice criante. Plus généralement, le temps est venu pour que l'Occident comprenne (celui des élites, pas des peuples) une chose bien simple. La domination (économique, politique, armée et même mentale) arrive à sa fin. Les injustices à différents endroits du monde ont beau encore exister mais à un moment ou un autre, il faudra bien y répondre.

 

 

En passant, le forum des anciens présidents africains: Joaquim Chissano (ancien président du Mozambique), Nicephor Soglo (ex-président du Bénin), ainsi que l'ex-président sud-africain Thabo Mbeki (figure de lutte avec Nelson Mandela contre le régime raciste d'apartheid dans son pays), a lancé un appel à la communauté internationale et notamment la Procureur, Fatou Bensouda, pour la libération du président Gbagbo. S'ajoutent à cela des millions d'Africains, du continent et issus des diasporas, sans oublier les amis de l'Afrique qui réclament eux-aussi que justice soit faite, à savoir la libération pure et simple de personnes n'ayant rien à faire dans les geôles de la CPI. « Les procès de la honte », comme ils sont communément appelés aujourd'hui doivent être courts et réalistes. Les élites occidentales sauront-elles faire intelligemment marche arrière afin d'éviter (pour eux) des conséquences imprévisibles ou poursuivront-elles la ligne néocoloniale dure et radicale, on en saura plus bientôt. A suivre.

 

Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.



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14:52 Écrit par Lavane Murphy dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

Côte d’Ivoire « la libération de Gbagbo » serait « bénéfique pour la réconciliation » selon Essy Amara

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L’ex-diplomate ivoirien, Essy Amara, estime que la « libération » de Laurent Gbagbo, en détention à La Haye pour « crimes contre l’humanité », serait « bénéfique pour la paix et la réconciliation » en Côte d’Ivoire, dans un entretien à Mediapart.
Essy Amara

« Sa libération et le retour de tous les exilés seraient bénéfiques pour la paix et la réconciliation des Ivoiriens », a déclaré M. Essy au site d’information français Mediapart, estimant que « la détention de Gbagbo à La Haye entache l’image de la Côte d’Ivoire en Afrique ».

L’ex-diplomate ivoirien a fait observer que « de nombreux chefs d’Etat estiment qu’il (M. Gbagbo) n’a fait que défendre l’intégrité territoriale de son pays qui était divisé, avec une partie occupée par une rébellion ».

Répondant à la question de savoir ce qu’il pensait de la détention de M. Gbagbo à La Haye, Essy Amara a dit que l’ex-président ivoirien « a inscrit son nom dans l’histoire de la Côte d’Ivoire ».

Pour M. Essy, l’ancien chef d’Etat ivoirien Laurent Gbagbo est une personnalité « populaire, charismatique » qui « a réussi à attacher à sa personne de nombreux Ivoiriens qui ne sont même pas membres de son parti, le FPI (Front populaire ivoirien) ».

« Son ethnie et sa région ne vont jamais l’oublier, tout comme tous les Africains qu’il a côtoyés en France et en Afrique », a-t-il affirmé, avant d’ajouter que son score de « près de 47% » à la présidentielle de 2010 « est une force qu’on ne peut pas ignorer dans le paysage politique ».

En outre, à La Haye, aux Pays-Bas, « il reçoit des visiteurs de tous les pays africains, qui voient en lui un patriote, un africaniste ». Par conséquent, étant « en prison, sa popularité ne peut que grandir, comme celle de Mandela ou de Thomas Sankara », a-t-il poursuivi.

M. Essy (71 ans), s’était présenté à l’élection présidentielle du 25 octobre 2015, avant de se retirer, estimant que les conditions n’étaient pas réunies pour un scrutin « crédibles ».

L’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, et l’un de ses proches, Charles Blé Goudé, accusés de « crimes contre l’humanité » par la Cour pénale internationale (CPI), ont plaidé jeudi « non-coupable », à l’ouverture de leur procès qui devrait durer plusieurs mois.

Par Patrice Allégbé

09:36 Écrit par Lavane Murphy dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

Côte d’Ivoire: Blé Goudé et Gbagbo plaident « non coupable » à l’ouverture de leur procès

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Laurent Gbagbo a plaidé non coupable jeudi à l’ouverture de son procès devant la Cour pénale internationale, cinq ans après des violences postélectorales qui ont déchiré une Côte d’Ivoire toujours en quête de « vérité ».

La procureure de la Cour pénale internationale a affirmé avoir obtenu « un grand nombre de preuves » démontrant la culpabilité de l’ex-président ivoirien dans les violences ayant déchiré son pays en 2010-2011.

« Nous avons obtenu un grand nombre de preuves contre les deux accusés », M. Gbagbo et son co-accusé Charles Blé Goudé, ancien chef de milice, a déclaré la procureure Fatou Bensouda.

M. Gbagbo est le premier ex-chef d’Etat poursuivi par la CPI. Son procès est un vrai test pour la Cour, entrée en fonction en 2003.

Lui et son co-accusé Charles Blé Goudé, 44 ans, ancien chef de milice, sont poursuivis pour leur rôle dans la crise née du refus de M. Gbagbo de céder le pouvoir à Alassane Ouattara, à l’issue de l’élection présidentielle de fin 2010.

M. Ouattara avait été reconnu vainqueur notamment par les Etats-Unis et l’Union européenne.

Les violences avaient fait plus de 3.000 morts en cinq mois, transformant en champ de bataille certaines zones du premier producteur mondial de cacao, moteur économique de l’Afrique de l’Ouest.

« Je plaide non coupable », a déclaré Laurent Gbagbo, 70 ans, après lecture des charges par un représentant du greffe : meurtres, viols, actes inhumains et persécutions. M. Blé Goudé l’a imité quelques instants plus tard.

M. Gbagbo, portant un costume bleu foncé, était apparu souriant et détendu à l’ouverture de l’audience, vers 09H35 (08H35 GMT).

L’accusation devrait avoir la parole la majorité de la journée de jeudi. Suivront dans l’après-midi les représentants des 726 victimes admises aux procédures, puis, vraisemblablement vendredi, la défense.

– ’Libérez Gbagbo’ –

Quelques centaines de partisans de l’ex-président avaient fait le déplacement et chantaient jeudi matin leur soutien devant la bâtiment de la CPI, arborant des écharpes, chapeaux et autres apparats aux couleurs de la Côte d’Ivoire : vert, blanc et orange.

« Libérez Gbagbo ! », « Procès de la honte ! », « Gbagbo président ! » scandaient-ils au rythme de tambours, se réchauffant dans la fraîcheur matinale néerlandaise.

L’ex-président ivoirien est accusé d’avoir fomenté une campagne de violences pour tenter, en vain, de conserver le pouvoir. Charles Blé Goudé aurait, lui, été à la tête d’hommes ayant tué et violé des centaines de personnes dans le but de maintenir l’ex-chef de l’Etat au pouvoir.

Mais pour le camp Gbagbo, ce dernier est un chantre du multipartisme et la France, ancienne puissance coloniale, est derrière le « complot » qui a entraîné la chute de ce farouche nationaliste.

Reporté à plusieurs reprises, ce procès est attendu autant par le camp Ouattara que par celui de Gbagbo, d’autant qu’il repose la question cruciale des rapports entre justice et réconciliation.

En Côte d’Ivoire, dans les bastions des deux accusés, des écrans géants ont été installés pour que la population puisse suivre les procédures.

Devant la CPI, les partisans de M. Gbagbo ont leur idée de la vérité. « Notre rêve de voir notre président retrouver sa liberté commence aujourd’hui », affirme à l’AFP Marius Boué, qui a fait le déplacement depuis le nord de la France.

Le juge président Cuno Tarfusser a de son côté mis en garde contre toute « instrumentalisation politique » du procès, qui porte sur un conflit qui divise encore la Côte d’Ivoire.

« Ce n’est pas un procès contre la Côte d’Ivoire ou contre le peuple ivoirien, mais contre deux personnes physiques », a-t-il dit, affirmant que la Cour travaillera en toute « impartialité ».

– ’Justice des vainqueurs’ –

Cette « vérité » tant attendue par les Ivoiriens, accusation et défense ont promis mercredi de la faire « éclater ».

L’avocat de M. Gbagbo, Emmanuel Altit, avait par exemple assuré que son client « veut que toute la vérité soit dite, pour que les Ivoiriens puissent se réapproprier leur propre histoire ».

Laurent Gbagbo, dont la santé est « fragile », selon ses avocats, avait été livré à la CPI en 2011. Charles Blé Goudé avait, lui, été transféré à La Haye en 2014.

L’accusation assure disposer de 138 témoins, qui ne seront pas tous appelés en audience. Elle compte présenter plus de 5.300 éléments de preuve dans un procès qui devrait durer entre trois et quatre ans.

Simone Gbagbo, épouse de Laurent, a été condamnée à 20 ans de prison en Côte d’Ivoire pour son rôle dans la crise, en compagnie de 78 autres personnes.

Aucun membre du camp Ouattara n’a encore été inquiété par la CPI, ce qui lui vaut parfois d’être taxée de « justice des vainqueurs », mais le bureau du procureur a promis d’intensifier son travail d’enquête, alors que les avocats d’un millier de victimes présumées s’inquiètent de « l’impunité » dont jouissent les partisans de l’actuel président ivoirien.

« Village après village, dans l’ouest lointain, des membres des forces républicaines loyales à Ouattara ont tué des civils de groupes ethniques associées à Gbagbo », dénonce l’ONG Human Rights Watch dans un communiqué.

AFP

 

09:24 Écrit par Lavane Murphy dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg