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jeudi, 23 novembre 2017

Côte d'Ivoire/Exclusif : Lida et Abéhi jugés aux Assises le 11 décembre 2017

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C’est le lundi 11 décembre 2017 que vont comparaître devant la Cour d’Assises au Plateau, l’ex-ministre de la Défense Lida Kouassi, l’ex-commandant du groupement escadron Blindé (Geb) Jean Noël Abehi, le Colonel Aby Jean  bien d’autres officiers des Ex-Forces de défense et de sécurité (Fds). Ils sont tous poursuivis  pour <<Complot contre l’autorité de l‘Etat>>. Ce renvoi d’accusation leur a été signifié par le juge d’instruction Konaté Boubakari. Mais bien avant l’ouverture du procès le 11 décembre 2017, une session judiciaire sera ouverte le mardi 28 novembre 2017, en présence des accusés, pour le choix des  Jurés titulaires et suppléants qui devront assister le président de la Cour d’Assises dans la conduite des audiences. Pour rappel, toutes ces personnalités actuellement en détention pour des faits divers ont été entendus en instruction le mardi 21 novembre 2017, par un juge d’instruction, Konaté Boubakari, au Tribunal du Plateau. Où devront alors comparaître Lida Kouassi qui a été arrêté à Lomé où il était en exil, le mercredi 6 juin 2012 et extradé en Côte d’Ivoire le même jour. Avant d’être incarcéré à Bouna pendant un an, puis mis en liberté le 5 août 2014. Il a été de nouveau arrêté le vendredi 24 octobre 2014 et transféré successivement à la Maca , puis au Camp pénal de Bouaké, le 4 septembre 2015. Avant d’être transféré à la Mama où il est actuellement détenu. Quant au commandant Abehi Jean Noël, il a été arrêté et  extradé de son exil au Ghana, le 5 février 2013. Détenu d’abord au camp pénal de Bouaké, il a été transféré à la Mama. Après un procès, il a été condamné le 5 août 2016 à cinq (5) ans d’emprisonnement et devrait retrouver la liberté le 6 février 2018. Quant aux autres officiers, ils ont été arrêtés entre 2011 et détenus à la Maca. Ces 6 accusés vont donc passer devant la Cour d’Assises pour leur procès.

Par Marcel Dezogno 

12:56 Écrit par Lavane Murphy | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

Côte d’Ivoire/ Des officiers français racontent : « Comment nous avons installé Ouattara au pouvoir »

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Quatre officiers français, le Général Palasset responsable à l’époque des renseignements généraux français, le colonel Hintzy, le colonel Pierre Héry et le colonel Geoffroy Lavoizière tous présents en Côte d’Ivoire au moment de la crise postélectorale, racontent comment la France a installé Alassane Dramane Ouattara dans le document évoqué. Ce qui est a priori assez intéressant au moment où le rôle de la France est régulièrement mis en lumière dans le procès des anciens dirigeants ivoiriens à la CPI.
On a sorti Gbagbo et installé Alassane Ouattara », avait dit Nicolas Sarkozy pour décrire ce que tout le monde sait, à part ceux qui refusent de savoir.
Mais audelà de ce type de slogans qui font mouche, il y a la réalité des détails et leur brutalité.
C’est ce que racontent quatre officiers français qui ont participé au renversement de l’ancien chef de l’Etat ivoirien et à l’installation de son adversaire.
Le journaliste français dont nous avons évoqué le livre, « le crocodile et le scorpion » évoque leurs souvenirs avec force détails. Ceux-ci vont au-delà des trahisons internes
que nous avons évoquées, là aussi, hier et les complicités de pays de la sous-région. Ce que racontent en effet ces officiers français n’est rien d’autre que la façon dont leur pays est intervenu dans le renversement de l’ancien président.
Pour cela, la France a mis dans la balance toute la force de sa diplomatie.
Car si la règle est de faire officiellement en sorte que Paris ne soit pas en première ligne, dans les faits c’est la France qui fournit tous les moyens qui vont permettre à Ouattara de s’imposer.
Tout, jusqu’au payement des factures du golfe hôtel au point de faire rire le narrateur sur la consistance réelle de Ouattara.
Le colonel Geoffroy de Larouzière-Montlosier, commandant le 16 BC, raconte les préparatifs sur le terrain et, notamment, la priorité de donner de la visibilité à Alassane Ouattara reclus dans
son QG de l’hôtel du golfe.
« Nous devions nous préparer à vivre des moments difficiles », reconnaît son chef, le général Castres qui admet que Licorne « n’a pas anticipé que Gbagbo nous coupe l'accès au carburant ou nous fasse des difficultés avec le dédouanement ».
Cela dit, pour le gouvernement français, la priorité absolue est la création d’une télévision pour Alassane Dramane Ouattara. Pour cela, Paris va intervenir auprès du diffuseur satellite canal+Horizon ainsi que de l'opérateur du satellite lui-même, l'Américain Intelsat.
Voir « Ouattara sur les ondes devient une priorité stratégique »,
témoigne le général Castre. « Il importait, explique un conseiller à l'Elysée, que Ouattara puisse s'afficher avec ses pairs en Afrique et à l'international ». La première étape a donc été la création d'une station radio,''Radio Côte d'Ivoire'', qui ne nécessita
guère de moyens. Mais c'est surtout le petit écran qui est à conquérir ». Télévision Côte d'Ivoire'' (TCI) voit le jour le 22 janvier 2011. Elle est diffusée en ondes hertziennes. « La France prend donc l'affaire en main et, comme elle ne peut l'assumer officiellement, c'est la DGSE qui est chargée d'acheminer le matériel nécessaire à une émission satellitaire.
En particulier, une antenne parabolique de grande taille est livrée à Bouaké, posant quelques soucis aux hélicoptères ayant mission de la rapatrier à Abidjan. Elle arrive en pièces détachées et est transportée jusqu'à
l'hôtel Ivoire où les techniciens de la '' DG'' s'occupent de la mettre en service. TCI sera ainsi relayée à partir du 17 février par Eutelsat. Le décodeur Strong est nécessaire, du matériel standard, mais encore faut-il le trouver. En huit jours, la capitale en est miraculeusement pourvue », racontent les officiers. Même la préparation de la voix du président du RDR est l’affaire des français, notamment « un officier de la DGSE qui participe au Golf hôtel à la rédaction de ses discours ». Caméras et prompteurs sont également fournis par
les Français, de même que la facture de l'hôtel elle-même, largement prise en charge par le budget français.
Quant à Nicolas Sarkozy, il coache directement le président
du RDR. « Il l'avait au moins une ou deux fois tous les deux jours
au téléphone, pour prendre le pouls de la situation, pour le
conseiller, en rien pour lui dire quoi faire », reconnait le colonel
Hintzy. Le président français veille aussi à ce que l'Union Africaine, la Cedeao et le secrétaire général des Nations unies, ne
change pas de discours. Il reçoit même Jacob Zuma pour lui faire
changer d’avis et fait en sorte de ne pas trop effaroucher Dos Santos qui soutient Laurent Gbagbo. Car à la vérité, l'Union Africaine ne réclame plus le départ de Laurent Gbagbo et son président de commission, le Gabonais Jean Ping, ne se dit « plus sûr qu'il faille présenter les choses ainsi ».
Le Quai d'Orsay le soupçonne automatiquement d’être pro- Gbagbo en raison des origines ivoiriennes de sa femme.
Pis, Gbagbo ne rompt toujours pas. Au contraire, les acheteurs de cacao s’impatientent et veulent traiter avec lui. On s’achemine alors vers l’option militaire. Sarkozy jette ses généraux dans la
bataille. Le colonel Héry est chargé de débaucher les officiers ivoiriens. Il les rencontre, menace certains, amadoue d’autres.
Car « Abidjan n'est pas Kaboul », raconte le général Palasset.
« Làbas, poursuit-il, quand une troupe est prise à partie, la légitime défense l'autorise à répliquer dans la seconde. L'action prend corps ». La France interviendra pourtant sans être dans une position de légitime défense.

Source: Aujourd’hui N° 1077 du Vendredi 18 Mars 2016

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11:54 Écrit par Lavane Murphy dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

Scandale/ 250 Camerounais rapatriés de Libye témoignent: « On nous vendait comme des légumes ».« On nous violait comme des putes ».« On nous sodomisait »

La voix rauque, les yeux rougis par « la souffrance », Raïssa*, tout juste débarquée de l’avion qui vient de la rapatrier, mardi 21 novembre, au Cameroun a de la peine à raconter le calvaire vécu pendant les deux années passées « chez les monstres libyens ». « J’ai été torturée et violée, murmure-t-elle en larmes. Je voulais aller en Italie mais je suis tombée dans le plus horrible des pièges. En Libye, on nous vendait comme des légumes, on nous violait comme des putes. »

En 2015, cette commerçante camerounaise âgée d’une vingtaine d’années a pris « la route de l’aventure pour sortir sa famille de la pauvreté ». De Douala, capitale économique du Cameroun, elle a rejoint le Nigeria, puis le Niger où, dit-elle, elle a été kidnappée dans le désert par six hommes qui l’ont dépouillée de vêtements, de ses deux téléphones portables et de son pécule de 925 000 francs CFA (1 406 euros).
« On nous violait comme des putes »

Conduite dans la ville libyenne de Sebha, Raïssa a été emprisonnée avec plus de 300 autres migrants. « J’étais battue, violée à tour de rôle par mes geôliers et torturée. Ils m’ont dit : “Pour te libérer, on a besoin d’argent. Appelle ta famille.” Lorsque mon grand frère a entendu mes pleurs, il a vendu sa moto pour leur envoyer 500 000 francs CFA (760 euros) », raconte la jeune femme.
Libérée un matin, elle est vendue dans la soirée par « le soldat chargé de la mettre en lieu sûr », à un autre groupe de kidnappeurs. Ces derniers la transfèrent à Sabratha, ville située à l’ouest de Tripoli, la capitale de la Libye. Ils réclament une rançon de 1 000 euros à sa famille.
« J’ai passé quatre mois dans cette prison. On me servait du pain et des spaghettis à moitié cuits. Je buvais de l’eau salée. J’ai fait des semaines sans faire de selles. Je pensais que j’allais mourir. Ma mère a réuni la famille, tout le monde a contribué. On a payé ma rançon. Je suis sortie de prison en août et je suis partie à Tripoli où je vivais cachée jusqu’à mon retour. »
La chaîne de télévision américaine CNN a diffusé le 14 novembre des images d’un marché aux esclaves en Libye où étaient vendus des migrants subsahariens, provoquant un tollé général en Afrique et au-delà. D’après Roger Charles Evina, chargé de programme Protection et réinsertion des migrants de retour au Cameroun à l’Organisation internationale pour les Migrations (OIM), environ 1 700 migrants camerounais se trouvent en Libye.

Mardi 21 novembre, un vol spécial en provenance de Tripoli a atterri à l’aéroport international de Yaoundé avec à son bord 250 migrants camerounais. Parmi eux, neuf femmes enceintes et six enfants âgés de moins de 3 ans.
Comme Raïssa, ces hommes et femmes sortis de l’enfer libyen ont bénéficié d’un projet de l’OIM financé par l’Union européenne et dont le but est de « favoriser le retour volontaire de 850 migrants camerounais ».
Morts au désert

Assis dans un coin de l’aéroport où des médecins, psychologues et policiers leur prodiguent des premiers soins et conseils, yeux hagards, barbe de plusieurs jours et cheveux en bataille, Eddie exhibe ses cicatrices sur la main et l’épaule droite. Kidnappé à trois reprises, cet ancien pompiste a été « torturé, frappé avec des barres de fer et sodomisé ». En 2014, il a quitté la ville de Douala avec quinze amis. Il est le seul « réel survivant » à sa connaissance.
« Trois ont été vendus pour aller travailler sur des chantiers. Leurs parents n’avaient pas d’argent pour payer leur rançon et du coup, les Arabes ont décidé de les vendre pour se faire de l’argent. Deux sont morts au désert. Deux ont été tués par les kidnappeurs, car ils étaient malades. Je ne sais pas où les autres se trouvent. Je suis en vie. C’est l’essentiel », soupire-t-il.

Après « l’enfer », ces migrants sont-ils prêts à tenter à nouveau l’aventure ? « Plus jamais la Libye. Je ne veux plus partir », jure Roland Bella, 26 ans, kidnappé deux fois en Libye. « Je repartirai dès que j’aurai récupéré. Il n’y a pas de travail pour nous au Cameroun », assure Eddie. Il rêve d’Espagne où, veut-il croire, « il y a du travail pour tous les jeunes ».

*Le prénom a été changé.

NB: Le titre est de la rédaction.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/11/22/des-came...

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11:45 Écrit par Lavane Murphy | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg