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mardi, 26 janvier 2016

L’émouvante lettre d’une sénégalaise à Gbagbo :«Nous avons été grugés et l’avions pas compris qu’on nous a appris à vous détester»

 

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«Mr le Président, Son Excellence Monsieur L A U R E N T

 

GBAGBO, président de la République de Côte d'Ivoire déchu par l'armée française, vous souffrez certainement du silence du monde face à l'injustice que vous vivez.

Le silence de vos frères africains actuels chefs d'Etats. A l'aube de ce procès, je voudrais vous exprimer mes salutations et mon soutien le plus fraternel et chaleureux.Soutien d'une fille de l'Afrique et d'une militante del'Afrique.  Pardonnez la tiédeur de leur indignation,pardonnez la pudeur des victimes qui taisent les crimes dont leurs frères sont victimes accordant ainsi aux bourreauxl'impunité. Nous avons tous été grugés. Nous avons compris avec le temps que l'on nous a appris à vous détester. Nous n'avions pas compris. Nous avons compris trop tard. La pieuvre est bien trop puissante.vous avez résisté mais le brouhaha des plaidoyers des criminels tonnait comme le roulement d'un tambour de guerre, bien plus fort que les murmures de ceux qui avaient compris. Nous ne pouvons continuer à vivre dans le silence. L'aphonie des esclaves des temps modernes, les esclaves de la France perpétue l’indicible.Nous sommes ces frères qui préfèrent faire semblant de n'avoir ni vu, ni compris l'existence des tribunaux qui ne jugent que l'homme noir. Nous sommes de ces peuples qui se résignent au fait qu'il y a de ces lois valables que pour les Présidents africains. Nul ne saurait justifier la liberté actuelle de Nicolas Sarkozy après son épopée en terre libyenne et en terre d'éburnie dont vous êtes ressortissants. Nous sommes avec vous de tout coeur Mr le President. Je vous dis "Gacce nga lama" L'histoire retiendra que seul contre tous vous avez refusé le déshonneur. vous avez choisi la dignité, la Patrie. votre nom figurera dans les carnets des héros de la jeunesse africaine avec d'autres illustres et nobles fils de MamaAfrica : Lumumba, Sankara, Olympio, Modibo Keita et tant d'autres dignes et valeureux fils de l'Afrique sacrifiés à l'autel des intérêts de la France "pays des droits de l'homme ".  Malgré tout, je reste convaincue que vous vous en sortirez victorieux.Car vous êtes innocents selon les faits. Pour moi vous êtes l'un des derniers résistants par qui l'Afrique sera complètementlibérée, grâce à DIEU. 

 

OUI J'Y CROIS !

 

Françoise Hélène Gaye sénégalaise éprise de justice et de paix, 

residant en Californie-USA

14:28 Écrit par Lavane Murphy dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

Gbagbo: Un insoumis en procès le 28 Janvier

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Homme au discours dérangeant. Haï et aimé, rejeté et recueilli, vomi et ravalé, ce diable a conquis le cœur de ses ennemis. Embastillé seul, plusieurs millions d’autres en liberté se sentent en prison avec lui. Cet homme qui force admiration même dans les cercles les plus insoupçonnés sera en procès le 28 Janvier. Le procès d’un insoumis. Vitrine.

Victime de son insoumission

“Gbagbo serait en prison parce qu’il a perdu les élections et aurait refusé de quitter le pouvoir. ” C’est la version les impérialistes et de leurs laquais. Sur ce, quel sens donner à l’embastillement du président Laurent Gbagbo? Des voix diverses répondent. De leurs réponses, on comprend ce qui se cache derrière le maintien du président Ivoirien Gbagbo en prison.

“Laurent Gbagbo-corps physique, est en otage parce qu’il s’est montré peu docile,” dit Bernard Belin Dadié, romancier, dramaturge, et poète prolifique, ex-administrateur et ministre de la Culture dans le gouvernement de la Côte d'Ivoire de 1977 à 1986. Selon l’ancien Président sud-Africain Thabo Mbeki,“Le Président Gbagbo est victime d’un système mondial qui, tout en criant haut et fort les droits universels de l’homme, ne cherche qu’à perpétuer dans son seul intérêt, la domination du plus grand nombre par quelques-uns qui disposent de la prépondérance du pouvoir politique, économique, militaire et médiatique.” Mbeki poursuit en exposant l’implication des puissances dans la déstabilisation des pouvoirs Africains. “Combien de violations flagrantes du pouvoir, l’Afrique et le reste des pays en développement devront-ils encore subir avant que la vision d’un système démocratique de la gouvernance mondiale ne se réalise?” Question phare aux Ivoiriens et Africains.

Selon Gildas Le Lidec, ex-ambassadeur de France en Côte d’Ivoire entre 2002-2005, “Gbagbo a fait peur” à l’occident sûrement à cause de ses idées souverainistes et de sa politique économique. En estimant qu’il n’y avait pas de raison que les occidentaux prennent peur face à un homme qui n’avait que les intérêts de son peuple à défendre, il croit comme beaucoup, qu’ “il n’y a pas de raison qu’il soit à La Haye.” Après ces déclarations qui dédouanent Gbagbo, il poursuit, “si quelqu’un comme Laurent Gbagbo est, à cause de ce qu’il a fait devant la CPI de La Haye, à mon avis …beaucoup de chefs d’Etat Européens doivent y être. Pourquoi pas mettre Sarkozy compte tenu de beaucoup de choses qui se sont passées ou Berlusconi.” En passant, il décoche une flèche sur cette cour de justice raciste avec une négresse, esclave de maison aux commandes. “Pourquoi c’est réservé aux Noirs et pas aux Blancs?”

Des faits soutiennent ces arguments de Le Lidec. François Mattei, dans son livre Côte d’Ivoire: Révélation sur un scandale Français, révèle que Jean-Marc Simon, ambassadeur de France en Côte d’Ivoire à l’époque des fait, “a conduit l’assaut de la résidence de Gbagbo que l’armée rebelle ne parvenait pas à faire tomber.” Acte criminel qu’il considère “comme un haut fait de sa carrière.” Cette chasse à l’homme pour des élections supposées apporter la paix et la démocratie en Côte d’Ivoire a été décrite par cet ambassadeur-barbouzard comme une partie de corrida. “On a d’abord bien fatigué la bête, par des pressions politiques, économiques, puis militaires, pour la mise à mort… l’estocade, ” a-t-il dit.

Ce n’est pas tout. Il dénonce ses complices. “Je passais mon temps au téléphone avec le com’zone Koné Zakaria, avec Guillaume Soro, avec Ouattara, et avec l’Elysée, pour diriger les opérations.” Dans ses hauts faits de guerre pour une élection dans un pays qui n’est pas le sien, Jean-Marc Simon poursuit, ironique, “pendant que nous les bombardions, on entendait là-dedans des salves d’Alléluias, de chants et de prières. Ils croyaient sans doute que le ciel allait venir les sauver… alors qu’il leur tombait sur la tête.”

Avant lui, Alain Juppé en Août 2011, tout en parlant du rôle que la France a joué dans le désastre Libyen, fit une révélation sur le coup d’état perpétré contre le président Laurent Gbagbo en Côte d’ivoire, quatre mois plutôt. “Les insurgés n’auraient pas pu entrer à Tripoli sans l’aide des militaires Français. Le France a pris des risques en Libye, comme elle en avait pris en Côte d’Ivoire,” confessa le chef de la diplomatie Française. Par cette déclaration, Alain Juppé avouait, enfin, que c’est la France qui avait renversé par un coup d’état militaire, le Président Laurent Gbagbo, le 11 Avril 2011.

Un discours qui dérange

Tout ceci prouve d’une part que Gbagbo se trouve à la CPI non pas parce qu’il a perdu les élections et aurait tué ses concitoyens comme on le lui prête. Il y est pour des raisons politiques. Les prises de position politique de Gbagbo le démontrent aisément. A plusieurs occasions et à des tribunes différentes, l’ex-président Ivoirien a lui-même clamé haut et fort l’objet de son combat qui lui vaut aujourd’hui sa déportation. Il disait, “Je veux une Côte d’Ivoire ouverte aux autres, pas une Côte d’Ivoire à qui l’on donne des ordres. Des conseils, oui. Des ordres, jamais. Ce pays n’est pas re-colonisable. Nous n’avons pas peur d’être libres.” A ces propos qui constituent un crime de lèse-majesté pour les puissants de ce monde, il a ajouté: “J’ai choisi d’être acteur de l’histoire de la Côte d’Ivoire et de ne pas être une marionnette.” Une gifle aux colons et à leurs agents.

Il ne s’arrête pas là. Lors de l’audience de confirmation des charges de la CPI le 5 Décembre 2011, alors que tout le monde attendait qu’il se renie, il exprima une fois de plus sa conviction profonde pour le respect des institutions et des textes qui régissent une nation. “Bâtir des institutions fortes en Afrique, telle est ma conviction. Et la démocratie que nous voulons, c’est le respect des textes, à commencer par la plus grande des normes en droit qui est la Constitution. Qui ne respecte pas la Constitution n’est pas un démocrate .” Sur ce, il apporta un faisceau de lumière sur les raisons de sa détention à la CPI. “Je suis ici parce que j’ai respecté la Constitution de mon pays.”

Aux Africains qui s’attachent les services de l’occident pour déstabiliser leur pays afin de s’emparer le pouvoir, il donna cette instruction; “Je souhaite que tous les Africains comprennent que le salut pour les Etats Africains, c’est le respect des Constitutions que nous nous donnons et les lois qui en découlent.” Par ricochet, “celui qui respecte la Constitution de son pays, mais qui piétine la Constitution des autres pays,” comme l’ont fait la France et les Etats Unis en Côte d’Ivoire, “n’est pas un démocrate.” L’on ne peut être un démocrate en France et se comporter en potentat en Afrique.

Sur ces faits, l’arrestation et l’emprisonnement du Woody Gbagbo, ne sont ni plus ni moins que “l’art de vaincre sans avoir raison,” qui est le propre de la France. Mais pour combien de temps encore?

La Haye, haut lieu de pèlerinage

La déportation du Président Laurent Gbagbo qui, selon les intellectuels(?) coloniaux occidentaux–et Africains à la solde du capital–, mettrait fin aux revendications de souveraineté de ses compatriotes a produit l’effet contraire. Dès son kidnapping, Jean-Marc Simon, ambassadeur de France, Choi, représentant des Nations Unies en Côte d’Ivoire, deux des trois artificiers du conflit Ivoirien en plus de Philip Carter III, ambassadeur des Etats Unis, avaient annoncé au monde entier, via les journalistes que le président Gbagbo était fini.

Une fois l’onde émotionnelle évacuée, les Ivoiriens, soutenus par les panafricanistes, avaient repris leur destin en main pour la libération de Gbagbo et la reconquête de leur souveraineté. Pour ce faire, ils ont bravé les arrestations, les jugements extra-judiciaires, les emprisonnements dans des prisons privées, les assassinats et les crimes d’une violence inouïe. Sous cette impulsion, l’ex-président Ivoirien est cinq ans plus tard, selon les analystes politiques non-corrompus, la clef maîtresse de la réconciliation dans son pays.

Ceci est perceptible même dans le camp Ouattara. Le quotidien Ivoirien Soir Info, aligné sur la politique dictatoriale de l’autocrate Alassane Ouattara est convaincu que Gbagbo est la plaque tournante de la politique Ivoirienne. Il écrit “Laurent Gbagbo, faiseur de roi? Comment Gbagbo est sollicité. L’effet boomerang ou quand La Haye devient la plaque tournante de la politique Ivoirienne. La CPI est devenue un lieu de pèlerinage depuis que Gbagbo y a été déporté.” Il n’a pas tort. En prison, Laurent Gbagbo reçoit régulièrement. “Les intellectuels et les hommes politiques d’envergure y affluent tous les jours pour le rencontrer”; affirme Idriss Ouattara, Secrétaire général de la Coalition des Patriotes Ivoiriens en Exil (Copie). Ceci fait dire à Amara Essy, diplomate discret, que ce Gbagbo “est l’un des hommes les mieux informés de Côte d’Ivoire, et dans son esprit, c’est comme s’il était à Abidjan.”

Sur ce même refrain, le politologue Michel Galy analysant “Le pèlerinage à La Haye,” note que Gbagbo est “l’épicentre de la vie politique Ivoirienne, et à tout le moins ‘faiseur de Roi.’” Ce recours au président Gbagbo s’expliquerait par l’absence du jeu politique intérieur.

Ces faits s’entremêlant, Konan Kouadio Bertin, député de la coalition politique au pouvoir, a affirmé sans ambages que “Gbagbo est incontournable” en Côte d’Ivoire. Mamadou Koulibaly, ancien président de l’Assemblée nationale et soutien obscur au régime Ouattara, qui a contesté la réélection du président Gbagbo en 2010, sans jamais apporter les preuves de ce qu’il affirme, estime que “même incarcéré, Gbagbo peut influencer et nul ne l’ignore” le jeu politique dans son pays.

L’ex-ministre Ivoirienne Ohouochi Clotilde Yapi, chargée de la solidarité, voit dans le ballet des personnalités Africaines et étrangères à La Haye, un “effet boomerang” qui a fait que “La Haye devienne la plaque tournante de la politique Ivoirienne [et] le centre névralgique où se prennent les plus grandes décisions concernant la marche de la Nation.” Elle conclue donc que “Le ballet diplomatique exécuté par des personnalités politiques Ivoiriennes et Africaines de premier plan, … démontre clairement le rôle central et la place prépondérante qu’occupe, bien qu’embastillé et emmuré à Scheveningen, le président Laurent Gbagbo sur l’échiquier politique Ivoirien.”

Beaucoup l’ont souvent clamé, Gbagbo est un esprit. Un esprit bienfaisant comme l’écrit MagMonde. “Les Pays-Bas, Abidjan, Paris, La Haye, cette route est devenue celle d’un étonnant pèlerinage de candidats en quête de la bénédiction de Gbagbo qui est considéré comme un diable par le pouvoir en place.” Au plan national, surtout dans les rangs de l’opposition Ivoirienne, on a vu défilé à La Haye des politiques comme Konan Kouadio Bertin, Charles Konan Banny, Essy Amara, Laurent Dona Fologo, et bien d’autres, qui ont eu des réunions informelles de travail avec le président Laurent Gbagbo.

Le Woody est donc, comme écrit Marie Pierre Fargaux, “ le socle de la vraie réconciliation” en Côte d’Ivoire.

Esprit des nouvelles générations

Gbagbo n’est pas simplement le point de repère et le modèle d’inspiration des politiques. Il est le creuset de l’émancipation historique de la nouvelle génération consciente des Africains. Après son kidnapping par les forces spéciales Françaises le 11 Avril 2011, on a“ vu tout une génération se re-politiser, et se mettre en position de combat contre le coup d’état franco-onusien parce que chaque génération, ici et là-bas, connaît un évènement majeur qui la réveille et la mobilise”; écrit Michel Galy, professeur de géopolitique des universités Françaises, en hommage aux panafricanistes à l’occasion du quatrième anniversaire du renversement de “Gbagbo, dernier panafricaniste Africain”–pour reprendre l’expression du polémiste franco-Sénégalais Kemi Seba. De cette mobilisation, l’historien et égyptologue Coovi Gomez a perçu l’éveil de “tout un continent se mettre en mouvement derrière lui.” Ce rassemblement spectaculaire a “marqué une véritable rupture par rapport à la farce qu’a constitué le processus prétendument de la décolonisation.” Analyse Albert Bourgi, professeur de sciences politiques, disséquant les aspects coloniaux et néocoloniaux de coup d’état.

Ainsi donc, en enfermant le Président Gbagbo, “ ils ont libéré des millions d’autres Africains des chaines de la peur et du silence.” écrit Farida Nabourema, Togolaise de 26 ans, qui poursuit, “depuis ma naissance, je n’ai vu aucun dirigeant d’Afrique mobiliser les Africains de tous les coins du monde comme vous le faites…Et personne n’a unie l’Afrique des esclaves de France autant que vous Président Gbagbo.”

Effectivement, lors du quatrième anniversaire de la capturation –selon le dictionnaire Kandia Camara–du président Gbagbo, au moins 20 pays s’étaient mobilisés pour une marche à Paris. Ce rassemblement en soutien au Woody et pour la défense des constitutions Africaines qui comptait la jeunesse de tous les horizons, était un message sans ambiguïté adressé à la France et à tous ceux qui veulent choisir pour les Africains leur président.

L’effet Gbagbo est vraiment sans frontières. Hervé Philippe, un jeune Haïtien, puisse dans l’histoire et les symboles de son pays pour montrer la complicité existant entre les nouvelles générations et le président Gbagbo. “Sur nos armoiries haïtiennes” écrit-il, “y figure un arbre palmiste qui représente la robustesse car son tronc est d’une dureté inégalée et la grandeur par sa hauteur. ” Faisant un parallèle avec le président Ivoirien Gbagbo, il révèle: “Tu es le palmiste de l’Afrique! Ils s’en rendent compte aujourd’hui.” Poursuivant, il rappelle une thèse défendue par l’Africaniste Gbagbo: l’union. Et mentionne, “Tu n’as cessé de prôner l’union des Etats africains qui vont toujours en rangs dispersés à la défense de leur souveraineté. Ils comprennent tes paroles aujourd’hui.”

Tous jugés avec Gbagbo

Certainement que les adversaires et les admirateurs du Woody comprennent le sens de ses propos aujourd’hui. Ceci pourrait expliquer la prise de position de la Conférence des anciens chefs d’Etat Africains qui ont sommé Bensouda à libérer ce souverainiste. Ils ont appris grâce à Gbagbo “ à avoir un même langage et une même foi dont aucune machine ni aucun procès ne peut arrêter.”

Farida Nabourema Etablissant un pont entre le président Gbagbo, les Africains, et le procès inique qui s’ouvre à La Haye, rappelle que le président Gbagbo à la barre n’est que le représentant de tous les opprimés dans le monde. “ Sachez président Laurent Gbagbo que le 28 Janvier prochain n’est pas la date de votre procès à vous mais plutôt celle de tous les millions d’Africains qui savent que vous êtes l’incarnation d’une Afrique qui se veut libre. C’est nous tous, qui seront jugés à la Haye et vous n’êtes que notre représentant.”

Ainsi donc, le cas Gbagbo. La nouvelle égérie de la lutte pour la souveraineté Africaine “a sensibilisé beaucoup d’Africains… qui sont tous Gbagbo,” comme l’affirme Maître Habiba Touré, à prendre en main leur destin et protéger leur constitution contre les violations interne et externe.

On comprend donc que Laurent Gbagbo que la CPI tient à juger “transcende le Front Populaire Ivoirien, transcende la Côte d’Ivoire. Il appartient à l’Afrique et au monde. Et nombre d’Africains et panafricanistes le montre au quotidien qui par des lettres, qui par des déclarations, … des livres ou des documentaires.

Banny, Bensouda et les Juges

L’ex-président Ivoirien est de ce fait, comme une chenille qui meurt pour devenir un papillon plus resplendissant. Charles Konan Banny, ex-gouverneur de BCEAO, ancien premier ministre, allié de Ouattara, et président de la Commission Vérité Réconciliation sous le régime autocrate de ce dernier a la formule qui sied: “Qu’on le veuille ou non, Laurent Gbagbo, qui n’a pas fini d’écrire son histoire, est une icône en Côte d’Ivoire. On ne peut pas nier son influence et la réconciliation ne peut pas se faire sans lui.” Le nier serait suicidaire.

A Bensouda et aux juges de la CPI de comprendre cette vérité immuable.

Une contribution de Dr. Feumba Samen

 

13:09 Écrit par Lavane Murphy dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

lundi, 25 janvier 2016

CÔTE D’IVOIRE MANDAT D’ARRÊT CONTRE SORO: « SON IMMUNITÉ PREND FIN À L’EXTÉRIEUR » (JURISTE)

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Le juriste et analyste politique ivoirien, Geoffroy Julien Kouao, estime que le président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, Guillaume Soro, sous le coup d’un mandat d’arrêt émis par le Burkina Faso, « court un véritable danger en dehors du territoire ivoirien », expliquant que “son immunité prend fin à l’extérieur’’ du pays, dans une interview à ALERTE INFO.

Le 15 janvier dernier, la justice militaire burkinabè a émis un mandat d’arrêt international contre M. Guillaume Soro pour son implication présumée dans la tentative de coup d’Etat de septembre au Burkina Faso. Est-ce juridiquement possible qu’un Etat émette un mandat d’arrêt contre une personnalité de ce rang d’un autre pays ?

Vous devez savoir que tous les êtres humains naissent libres et égaux en Droit et tous ont un égal accès à la justice. Ils sont donc tous des justiciables. Seulement dans l’ordre interne, il y a un certain nombre de mécanismes qui participent à la protection d’un certain nombre de notables au regard de la complexité de la fonction qu’ils exercent. C’est ce qu’on appelle les immunités. Ça peut-être une immunité parlementaire, diplomatique. Ces immunités protègent aussi le citoyen ordinaire, par exemple on a les immunités dans le cadre familial. Tout sujet de Droit, qu’il soit socialement un notable ou pas, peut être attrait devant une justice nationale ou internationale. La tendance aujourd’hui c’est de supprimer les immunités au niveau de la justice internationale pour éviter l’impunité. Parce que trop souvent au niveau interne, les autorités judiciaires sont sous l’emprise des autorités politiques de sorte que ces autorités politiques échappent à la justice. Oui dans le cadre des relations internationales, un Etat peut lancer un mandat d’arrêt contre une personnalité d’une puissance étrangère.

Le mandat d’arrêt est donc exécutable ?

Le mandat d’arrêt est exécutable. Seulement, il y a un certain nombre d’obstacles. D’abord, M. Guillaume Soro est un Ivoirien or selon le Droit positif ivoirien, la Côte d’Ivoire ne peut extrader un national vers un autre pays. C’est le premier grand obstacle. Ensuite, le statut de la personnalité fait que l’affaire devient purement politique. Cette dimension politique peut entraver la bonne exécution de ce mandat. A l’analyse, il serait difficile au niveau du territoire ivoirien de faire exécuter ce mandat d’arrêt. Cependant, en dehors du territoire ivoirien, M. Soro Guillaume court un véritable danger : son immunité prend fin à l’extérieur de la Côte d’Ivoire. Partout où il peut se trouver, au Ghana, au Etats-Unis, au Guatemala, en France, tout Etat à qui l’Etat du Burkina Faso a signifié ce mandat d’arrêt peut l’arrêter et l’attrait devant les juridictions burkinabè.

L’ancien président Laurent Gbagbo, bien que citoyen ivoirien, a pourtant été extradé à la Cour pénale internationale (CPI)
C’est dans le cadre des relations internationales. La Côte d’Ivoire est signataire du traité de Rome qui est le fondement juridique de la Cour pénale internationale. Dès lors, l’Etat de Côte d’Ivoire se doit de respecter les dispositions de la CPI. Et la Cour a fait la demande à l’Etat de Côte d’Ivoire qui pouvait s’opposer à l’extradition du président Laurent Gbagbo. Il ne l’a pas jugé utile. Si vous remarquez bien, le même Etat de Côte d’Ivoire s’est opposé à l’extradition de Mme Simone Gbagbo. C’est dire qu’en la matière la Côte d’Ivoire dispose d’un certain nombre de pouvoirs qu’on peut qualifier de pouvoirs discrétionnaires.

Quels sont les moyens dont dispose le Burkina Faso si ce pays voulait absolument interpeller M. Soro ?

C’est simple. Le Burkina ne peut interpeller M. Soro que dans le cadre d’une commission rogatoire, c’est-à-dire envoyer ses magistrats en Côte d’Ivoire avec l’accord des autorités judiciaires et exécutives ivoiriennes pour entendre M. Soro. Si d’aventure, les faits à lui reprochés sont assez graves pour qu’il soit condamné pénalement par la justice burkinabè, alors les choses deviennent compliquées. Le Burkina doit simplement attendre que M. Soro sorte du territoire ivoirien pour espérer voir prospérer l’exécution de son mandat d’arrêt. En tout état de cause, c’est une affaire qui prend une dimension politique et il faut régler cette question par la voie diplomatique. Cependant, elle ne doit pas être réglée sur le dos de l’impunité. Les faits sont assez graves et ils doivent être établis, les responsabilités dégagées pour que la délinquance politique prenne fin. Est-ce que les faits portés contre M. Soro sont avérés ? Personne ne saurait le dire tant que M. Soro ne sera pas entendu par les autorités compétentes sur la question. Dans l’intérêt de M. Soro et pour son image d’homme politique, il a intérêt à se faire entendre d’une manière ou d’une autre dans cette affaire pour qu’il ne soit pas présenter comme un homme politique controversé.

Le journal français « La Lettre du continent » a récemment révélé que le gouvernement ivoirien envisageait naturaliser l’ancien président burkinabé Blaise Compaoré, en exil en Côte d’Ivoire, pour lui permettre d’échapper au mandat d’arrêt émis à son encontre par la justice de son pays. Est-ce juridiquement possible de naturaliser M. Compaoré à cette fin ?

Il y a eu une évolution importante depuis l’accord de Linas Marcoussis sur l’acquisition de la nationalité ivoirienne. Cela a été encadré par un certain nombre d’instruments juridiques dont des lois. La personne qui épouse une Ivoirienne peut devenir Ivoirienne si elle le souhaite c’est-à-dire si elle en fait la demande. Dans le cas d’espèce, l’épouse de M. Compaoré serait une Ivoirienne parce que n’oublions pas qu’elle est mariée à M. Compaoré qui est Burkinabè, donc elle aurait pu prendre la nationalité burkinabé et renoncer à la nationalité ivoirienne. Il y a deux problèmes ici. Le premier, c’est que la loi qui a été adoptée est postérieure au mariage de M. et Mme Compaoré. La loi ne saurait retro-agir. Cette loi ne concerne donc pas le couple Compaoré. Deuxième chose, pour l’acquisition de la nationalité ivoirienne, il y a un élément moral. Cet élément interdit que toute personne faisant l’objet d’un mandat d’arrêt ou d’une procédure judiciaire ne soit admise à acquérir la nationalité ivoirienne. Alors que nous sommes dans cette hypothèse concernant M. Compaoré. Dans tous les cas de figure, la nationalité ivoirienne ne peut être octroyée à M. Compaoré, sauf à renoncer à l’Etat de Droit.

Par Serge Alain Koffi

11:20 Écrit par Lavane Murphy dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg