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mercredi, 27 janvier 2016

Côte d’Ivoire : « La crise ivoirienne, de Choi Young-jin », Par Leslie Varenne (Directrice de l’Iveris)

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Partie I : l'étrange histoire du livre de l'ancien représentant spécial de l'ONU en Côte d'Ivoire
Avant d’aborder le fond du livre de Choi Young-jin, il est important de conter l’histoire peu banale de cet ouvrage. De nationalité sud-coréenne, Choi Young-jin a été nommé en octobre 2007 représentant spécial des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) par son compatriote Ban-Ki Moon. Il est resté en fonction jusqu’en août 2011. Il a donc été à la tête de l’ONUCI pendant la crise ivoirienne débutée en novembre 2010 jusqu’à la fin de la guerre en avril 2011. Il fut un acteur majeur et un témoin primordial des événements survenus au cours de cette période. Début 2012, le site de la FNAC annonce la sortie d’un livre signé par le représentant spécial de l’ONU aux Editions du Nouveau Monde intitulé : "Au cœur de la crise ivoirienne". En février 2012, Choi Young-jin est nommé ambassadeur de Corée du Sud à Washington et plus personne n’entend parler de cet ouvrage. Trois ans plus tard, en septembre 2015, la Lettre du Continent annonce que le livre sera édité par Michel Lafon et disponible en octobre 2015. Pourtant, depuis août 2015, les journaux ivoiriens commentent l’ouvrage. Le témoignage, imprimé et édité à Paris, est donc disponible dans la capitale ivoirienne, où il connaît un véritable succès, 15000 exemplaires vendus. Mais il reste introuvable à Paris. Ce précieux essai est pourtant très attendu par tous ceux, journalistes, diplomates, historiens, qui ont suivi de près ces événements. L’IVERIS cherche le livre, et là, l’affaire se corse…
De surprise en surprise…
Ni l’ouvrage ni l’auteur n’apparaissent sur le site des Editions Michel Lafon. L’Institut se procure donc un ouvrage en provenance d’Abidjan. Le témoignage du représentant spécial de Ban-Ki Moon est publié sous la direction de Patrick Ulanowska, dans une collection nommée « Grands enjeux ». Or, stupéfaction, contacté par l’IVERIS, Michel Lafon avoue ne pas avoir de collection nommée « Grands enjeux » et ne pas connaître le directeur de cette collection fantôme. Il assure néanmoins qu’il va enquêter et répondra à nos questions : pourquoi ce livre n’est-il pas sorti en France ? Pourquoi est-il édité dans une collection qui n’existe pas dans le catalogue des éditions Michel Lafon ? Pourquoi l’ouvrage a-t-il été publié sous la direction de Patrick Ulanowska ? Malgré ses multiples relances téléphoniques, l’IVERIS n’obtiendra aucune réponse à ces trois questions. Le mystère demeure...
Qui est Patrick Ulanowska ? Homme d’affaires, auteur de deux ouvrages, il est ami avec Thomas Fabius et est à l’origine d’une étrange histoire qui a valu les premiers ennuis judiciaires au fils du ministre des Affaires étrangères français. Les liens entre les familles Fabius et Ouattara sont notoires. De plus, Patrick Ulanowska aurait été aidé, en 1992, par l’actuel Président ivoirien, alors Premier ministre, pour créer un journal intitulé Afrique Investir, qui finalement n’a pas vu le jour.
Enfin pour parfaire l’incongruité de cette histoire, à l’intérieur du livre, est inséré, une petite feuille volante intitulée « Erratum » et signée par l’agence Well’Comm, un cabinet de marketing et stratégie dont le siège se trouve à Dakar. Ce texte prévient les lecteurs qu’il y a deux erreurs dans le texte.(I)
Dans cette étrange affaire deux choses sont claires : ce livre à charge contre Laurent Gbagbo et bienveillant envers Alassane Ouattara a bien été écrit par Choi Young-jin et est sorti à Abidjan très opportunément deux mois avant l’élection présidentielle ivoirienne d’octobre 2015 et moins de trois mois avant le procès de Laurent Gbagbo, prévu le 10 novembre 2015 puis reporté au 28 janvier 2016.
[I] L'intégralité de l'erratum : "Page 268, lire : « « A Sebroko, au siège de l’ONUCI, Gianni Deligia installa des coffres où fut entreposé l’argent des salaires. » Ne pas tenir compte de la mention : « des centaines de millions de dollars en espèces ». » Page 288 « A dix-sept heures, quatre hélicoptères MI-24 de l’ONUCI… Bien lire il s’agissait de trois hélicoptères et non de quatre."

Par Leslie Varenne
Directrice de l'IVERIS
Lire l'article sur...https://www.iveris.eu/list/notes_de_lecture/133-la_crise_...

 

16:20 Écrit par Lavane Murphy dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

Côte d’Ivoire: La CPI apporte des précisions sur le déroulement du procès Gbagbo/Blé Goudé

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Questions et réponses sur l’ouverture du procès dans l’affaire

Le Procureur c. Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé

QUI SONT LAURENT GBAGBO ET CHARLES BLE GOUDE ET POURQUOI SONT-ILS POURSUIVIS DEVANT LA COUR PENALE INTERANTIONALE ?

Laurent Gbagbo, ancien Président de la République de Côte d’Ivoire, a été remis à la CPI le 30 novembre 2011 et sa première
comparution devant la Chambre préliminaire a eu lieu le 5 décembre 2011.
Charles Blé Goudé, a été remis à la CPI le 22 mars 2014 par les autorités de la Côte d’Ivoire suite à un mandat d’arrêt délivré par la CPI
le 21 décembre 2011.
Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé sont accusés de quatre charges de crimes contre l’humanité que constituent le meurtre, le viol, les
autres actes inhumains ou – à titre subsidiaire – la tentative de meurtre, et la persécution perpétrés dans le contexte des violences postélectorales en Côte d’Ivoire.
Les charges ont été confirmées à leur encontre les 12 juin 2014 et 11 décembre 2014 respectivement et leurs procès assignés à la
Chambre de première instance I. Le 11 mars 2015, la Chambre de première instance I a joint les affaires à leur encontre afin d’assurer
l’efficacité et la rapidité de la procédure. Le procès dans cette affaire s’ouvrira le 28 janvier 2016.

QUAND ET OU CES CRIMES AURAIENT-ILS ETE COMMIS ?

Les crimes reprochés à M. Gbagbo et à M. Blé Goudé constitueraient des crimes contre l’humanité (meurtre, viol, autres actes
inhumains ou – à titre subsidiaire – tentative de meurtre, et persécution) qui auraient été commis durant : les attaques contre les
manifestations devant le siège de la Radiodiffusion-Télévision Ivoirienne (RTI) (16-19 décembre 2010) ; contre la manifestation des
femmes à Abobo (3 mars 2011) ; le bombardement du marché d’Abobo et ses alentours (17 mars 2011) ; et l’attaque sur Yopougon (le 12
avril 2011 ou autour de cette date).

QUI SONT LES JUGES EN CHARGE DE CE PROCES ?

Le procès se déroulera devant la Chambre de première instance I de la Cour pénale internationale, composée de M. le juge Cuno
Tarfusser (Italie), juge président, Mme la juge Olga Herrera Carbuccia (République dominicaine) et M. le juge Geoffrey Henderson
(Trinité-et-Tobago).
Les juges de la CPI sont des personnes jouissant d’une haute considération morale, connues pour leur impartialité et leur intégrité, et
réunissant les conditions requises dans leurs États respectifs pour l’exercice des plus hautes fonctions judiciaires. Tous ont une grande
expérience, pertinente au regard de l’activité judiciaire de la Cour et une compétence reconnue en droit pénal et en procédure pénale.
Ils sont élus par l’Assemblée des Etats parties pour un mandat de neuf ans (non renouvelable).

COMMENT VA SE DEROULER CE PROCES ET SERA-T-IL PUBLIC ?

Le procès aura lieu au siège de la Cour à La Haye, aux Pays-Bas.
Le procès débutera par la lecture des charges portées à l’encontre des deux accusés. Les juges vérifieront que les accusés comprennent
la nature des charges à leur encontre. MM. Gbagbo et Blé Goudé se verront demander s’ils plaident coupable ou non coupable. Des
déclarations d’ouverture orales seront présentées par le Bureau du Procureur, les Représentants légaux des victimes et les équipes de la
Défense, , avant le début de la présentation des éléments de preuve de l’Accusation.
Cette phase au cours de laquelle le Bureau du procureur présentera son dossier durera plusieurs mois et sera suivie par la présentation
du dossier par les deux équipes de Défense, qui devrait également durer plusieurs mois.
Situation en Côte d’ivoire.
Le procès est public et visionnable sur le site de la CPI (à l’adresse suivante : www.icc-cpi.int), sauf si la Chambre détermine que
certaines audiences doivent avoir lieu à huis clos pour protéger la sécurité de victimes et de témoins ou la confidentialité de certains
éléments de preuve sensibles.

QUELS SONT LES DROITS DES ACCUSES, MM. LAURENT GBAGBO ET CHARLES BLE GOUDE ?

Tout accusé est présumé innocent devant la CPI. Il est présent dans la salle d’audience lors des débats et il a le droit à ce que sa cause
soit entendue publiquement, équitablement et de façon impartiale.
A cette fin, une série de garanties est prévue dans les documents juridiques de la Cour. Pour n’en citer que quelques-unes :
• Être défendu par le conseil (avocat) qu’il a désigné, présenter ses propres éléments de preuve, citer les témoins de son choix et
s’exprimer dans une langue qu’il comprend et parle parfaitement ;
• Être informé en détail des charges qui pèsent contre lui dans une langue qu’il comprend et parle parfaitement ;
• Disposer du temps et des facilités nécessaires à la préparation de sa défense et communiquer librement et confidentiellement avec son
conseil ;
• Être jugé sans retard excessif ;
• Ne pas être forcé de témoigner contre lui-même ou de s’avouer coupable, et pouvoir garder le silence, sans que ce silence soit pris en
considération pour déterminer sa culpabilité ou son innocence ;
• Obtenir que le Procureur communique à la Défense les éléments de preuve en sa possession ou à sa disposition dont il estime qu’ils
disculpent l’accusé ou tendent à le disculper ou à atténuer sa culpabilité, ou sont de nature à entamer la crédibilité des éléments de
preuve à charge.

COMBIEN DE TEMPS DURERA LE PROCES ?

Le procès peut durer plusieurs mois. Des déclarations liminaires (ou déclarations d’ouverture) seront d’abord faites par le Procureur,
les Représentants légaux des victimes et les deux équipes de la Défense des accusés et à partir du 28 janvier 2016.
Puis l ‘Accusation et la Défense présenteront successivement leurs affaires et leurs témoins respectifs devant les juges. Le début de la
présentation des preuves de l’Accusation, avec la déposition du premier témoin, est programmé pour le 1er février 2016. Les
Représentants légaux des victimes (c’est-à-dire les avocats des victimes) seront également autorisés à présenter leurs observations et
poser des questions aux témoins des deux parties.
Les trois juges assureront l’équité du procès et que les droits des deux parties et des victimes soient respectés. Alors que l’Accusation
doit prouver la culpabilité de l’accusé, la Chambre de première instance ne peut condamner un accusé que si elle est convaincue que les
charges qui pèsent contre lui ont été prouvées au-delà de tout doute raisonnable.
À la fin des audiences du procès (donc après des mois d’audiences), les juges prononceront leur jugement dans un délai raisonnable. Le
jugement est lu en public et peut soit acquitter soit condamner l’accusé.
Les parties ont le droit de faire appel du jugement devant la Chambre d’appel de la CPI.

COMMENT LES TEMOINS SERONT-ILS PROTEGES ?

La Cour pénale internationale dispose d’un certain nombre de mesures de protection qui peuvent être accordées aux témoins qui
comparaissent devant la Cour et aux autres personnes auxquelles les dépositions des témoins peuvent faire courir un risque. Les
mesures de protection visent à faire en sorte que les témoins se sentent à l’aise et en sécurité et qu’ils témoignent sans avoir peur de dire
la vérité. Ces mesures s’appliquent de façon égale aux témoins de l’Accusation comme de la Défense.
Ces mesures peuvent consister en des mesures de protection opérationnelles mises en œuvre là où résident les témoins, en des mesures
procédurales telles que la distorsion de l’image et de la voix ou l’utilisation d’un pseudonyme, ou la tenue de sessions à huis clos afin
de protéger l’identité du témoin, ou encore la relocalisation du témoins, qui est une mesure de dernier recours.
La subornation de témoins de la CPI est un crime qui peut être poursuivi. La Cour a déjà présenté des affaires par rapport à de tels
crimes.

COMMENT LES VICTIMES PEUVENT-ELLES EXPRIMER LEURS PREOCCUPATIONS ET S’ASSURER QUE LEURS VOIES SOIENT ENTENDUES DEVANT LA CPI ?

Le Statut de la Cour est innovant à plusieurs égards et notamment en accordant aux victimes le droit de participer à la procédure. La
participation aux procédures en tant que victime diffère de la comparution en tant que témoin ; elle signifie que les victimes présentent
leurs vues et préoccupations à toutes les phases de la procédure, généralement par l’intermédiaire de leurs représentants légaux (c’està-dire de leurs avocats). Cette participation volontaire permet aux victimes d’exprimer une opinion indépendante des parties et leur
offre la possibilité de communiquer directement avec les juges au sujet de leurs propres vues et préoccupations.
Les juges ont reconnu à 726 personnes la qualité de victime autorisée à participer au procès dans l’affaire Le Procureur c. Laurent
Gbagbo et Charles Blé Goudé. Elles seront représentées tout au long des audiences par Me Paolina Massidda, conseil principal du
Bureau du Conseil public pour les Victimes, qui aura pour rôle de faire part des vues et préoccupations de ses clients et de faire
entendre la voix des victimes tout au long du procès.

15:14 Écrit par Lavane Murphy dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

La démission de Christiane Taubira était actée depuis samedi

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Alors que François Hollande s'apprêtait à s'envoler pour une visite officielle en Inde,

c'est dès samedi qu'a été prise la décision du départ du gouvernement de Christiane Taubira.

«Le président de la République, le Premier ministre et la garde des Sceaux en étaient arrivés samedi à la conclusion commune et partagée que la cohérence devait conduire à son départ du gouvernement», assure ce mercredi, peu après l'officialisation de cette démission, l'entourage du chef de l'Etat.

«Au retour de la pause de Noël», précise encore cette source, tous trois «avaient discuté à plusieurs reprises de la révision constitutionnelle, du projet de loi sur le crime organisé, de l'ensemble du dispositif de lutte contre le terrorisme et, bien évidemment, du rôle et de la place de la garde des Sceaux dans ce cadre-là», se donnant «le temps de la réflexion».

Ce mercredi, explique encore l'entourage de François Hollande, «Christiane Taubira est arrivée à l'Elysée à 8 heures pour un entretien extrêmement cordial en tête-à-tête avec le président de la République», réunissant «des personnalités qui se connaissent depuis longtemps et s'apprécient». Ils ont été «rejoints à 8 heures 30 par Manuel Valls». «A 8 heures 45, Christiane Taubira a quitté l'Elysée et le président a appelé, avec le Premier ministre, Jean-Jacques Urvoas pour lui proposer de devenir garde des Sceaux ce qu'il a accepté immédiatement», explique encore l'Elysée.

Urvoas, «loyal, efficace et compétent»

Ni Taubira, ni le nouveau ministre de la Justice ne participaient toutefois au Conseil des ministres ce mercredi matin. Auparavant, Jean-Jacques Urvoas doit effectuer la passation de pouvoir avec Christiane Taubira, qui est prévue dans l'après-midi à la Chancellerie.

Toujours selon l'Elysée, «c'est le choix de la compétence, de l'expérience et de la cohérence qui a prévalu, Jean-Jacques Urvoas connaissant parfaitement les questions juridiques et de justice en sa qualité de président de la Commission des lois de l'Assemblée et d'universitaire». «C'est aussi le choix de l'efficacité dans la conduite de la révision constitutionnelle, le projet de loi renforçant la lutte contre le crime organisé et la réforme de la procédure pénale pour lutter contre le terrorisme», insiste encore l'entourage présidentiel.

L'Elysée y voit par ailleurs dans cette nomination une «reconnaissance du rôle du Parlement dans la mesure où Jean-Jacques Urvoas est depuis 2012 un pilier de l'une de ses commissions les plus importantes et prestigieuses. Loyal, efficace et compétent, il a joué un rôle important dans l'élaboration de l'ensemble des lois, notamment en matière de justice et de sécurité au cours du quinquennat.»

Invité de l'émission Europe 1 Midi ce mercredi, le journaliste Michel Denisot a confié que Christiane Taubira lui avait laissé entendre dès samedi qu'elle allait quitter le gouvernement. Lors de l'enregistrement de son émission «Conversation secrète avec Christiane Taubira», qui sera diffusée exceptionnellement ce soir sur Canal +, la ministre lui a déclaré «qu'elle était en train de dénouer les nœuds, qu'elle ne pouvait pas être sur le banc du gouvernement le 9 février. » Et le directeur de la rédaction du magazine «Vanity Fair» d'ajouter : «Elle a envie de respirer un peu, de repartir en Guyane, de lire des livres et de regarder le ciel bleu pendant quelques temps.»

http://www.leparisien.fr/

14:49 Écrit par Lavane Murphy dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg