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jeudi, 26 novembre 2015

#CIV225 / #CIV2015 / #Team225 / #Team226 / #Iwili: Putsch de #Dienderé, la Côte d’Ivoire accusée avec le #Togo par la Commission d’enquête #Burkina-bé dans son rapport : «« Des armes, des fonds, et des militaires, livrés aux putschistes par la C.I »

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Face à la presse ce mercredi 25 novembre 2015, Aristide Ozoukou, secrétaire général de la Coordination des élves et étudiants de Côte d’Ivoire (Coeeci) a condamné la vague de violence sur l’université et rappelé les autorités à leur responsabilité.

« La COEECI exige, pour une justice équitable : – la démission du ministre de tutelle (Gnamien Konan, ndlr) pour incompétence face à la violence de certaines structures depuis sa prise de fonction – La démission de la présidente de l’université Félix Houphouët-Boigny (Ly Ramata, ndlr) pour attitude passive face aux cris des étudiants victimes de cette violence dont les auteurs sont bien identifiés – la démission du DG du CROU pour refus de loger et de restituer les résidences universitaires aux étudiants ». Pour la Coeeci, ce sont là des exigences non négociables, si l’Etat de Côte d’Ivoire tient vraiment au retour de la paix à l’Université. Il a déploré le fait que le syndicat Ageeci brime au vu et au su de tous les étudiants sans que les autorités universitaires daignent réagir. Il en veut pour preuve les faits si après énumérés :

– Le 20 mars 2015 aux environs de 17 h, une bagarre sans merci a opposé L’AGEECI à la FESCI faisant plusieurs blessés et créant une psychose dans l’esprit des étudiants.
– Le 19 juin 2015, des individus venus aux environs de 22 h 30 se sont attaqués au bâtiment I causant de nombreux blessés.

Des faits restés impunis, selon Aristide Ozoukou qui se dit non surpris de ce qui est arrivé à Wilfried Konin, le jeudi dernier sur le campus universitaire. Il dénonce un silence coupable des autorités universitaires dont il se réjouit par ailleurs, de la réaction pour ce dernier crime. Mais, exige-t-il, il faut qu’elles aillent jusqu’au bout d’où la démission des premiers responsables en charge des universités qu’il réclame.

Il se dit outré par l’acharnement de ceux-ci sur les syndicats estudiantins qui ont visiblement le dos large face à l’incapacité des administrateurs des universités et leur tutelle.

Aussi proteste-t-il :  »

Compte tenu de ce qui précède, et vu l’importance que la COEECI accorde à la vie d’un étudiant, notre syndicat n’est ni de loin ni de près concernée par ces décisions du conseil de l’Université. Elle appelle l’ensemble des étudiants à ne pas se laisser distraire et à garder leur sérénité. La Coeeci rassure les étudiants qu’elle continuera ses activités »

Déclaration

Universités – La FESCI dénonce la situation d’impunité de l’Ageeci et rejette la décision de dissolution

Le Bureau Exécutif National de la Fédération Estudiantine et Scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI) que je dirige depuis plus d’un an, a le regret d’informer la grande famille de la FESCI, l’ensemble des élèves et étudiants de Côte d’Ivoire, la communauté nationale et internationale de l’assassinat le vendredi 19 novembre 2015 du camarade KONIN CHRISTIAN WILFRIED, étudiant inscrit en Master 1 de Gestion, suite à une agression d’une structure dénommée Association Générale des Elèves et Etudiants de Côte d’Ivoire en abrégée AGEECI .
Cette barbarie inutile, de trop, vient après plusieurs autres perpétrées auparavant et qui ont fait beaucoup de victimes.
Je voudrais, avant de me prononcer sur cette déplorable situation, présenter succinctement le tableau qu’affichait la FESCI avant que nous ne soyons portés à sa tête et la philosophie que nous avons prônée jusqu’à ce jour pour le redressement de la structure.
La crise politico-militaire post-élection de 2010-2011 a secoué notre pays, et particulièrement, la FESCI. C’est pourquoi, dès la réouverture de l’université en 2012, j’ai entrepris avec certains camarades de réorganiser la FESCI, notre organe de lutte. A cette période où se mijotait une plausible dissolution de ladite structure, on ne nous a pas fait de cadeau dans notre louable initiative. C’est l’occasion pour moi de saluer avec déférence la bravoure de tous mes camarades responsables qui ont osé et travaillé d’arrache-pied pour réhabiliter la FESCI avec moi.
Déjà à cette époque tumultueuse, précisément en février 2014, j’avais moi-même subi l’assaut sans raison de ces délinquants qui se font passer pour des étudiants. Mais j’ai appelé mes camarades à l’apaisement. Camarades militantes et militants de la FESCI, camarades élèves, camarades étudiantes et étudiants, Ivoiriennes et Ivoiriens, en effet, notre pays venait de trop loin. Il ne fallait, sous aucun prétexte, envenimer ou pourrir de petites situations comme celle-là qui n’intéressait que ma petite et modeste personne.
Aussi, ai-je prôné l’apaisement, l’égalité, la tranquillité et la concorde sur tous les espaces scolaires et universitaires depuis mon accession à la tête de la FESCI suite à mon élection le 19 juillet 2014. Cette approche à la fois philosophique, responsable qui inspirait ma conduite va se heurter à des situations plus graves dont nous faisons ici un inventaire.
Les FAITS
– Le vendredi 19 juin 2015
Nuitamment, l’AGEECI a fait une expédition punitive en Cité Universitaire faisant des blessés très graves chez les étudiants qui y logeaient paisiblement.
– BADO MACARIOS, étudiant inscrit en licence 3 de math-infos, jeté du deuxième étage du bâtiment I du campus ancien par les membres de l’AGEECI
– DEDOU ZAKO WILLIAMS, licence 3 de STRM,
– EHUI DJADJI BERNARD, master 2 de biosciences,
– OUATTARA DJADJO, master 1 de biosciences,
– PREGNON JUNIOR, licence 3 de STRM,
– BOKA FELIX, licence 1 de STRM,
– TOURE SIMEON, licence 3 de STRM,
– BROU ASSAMOI, licence 1 de STRM,
– BEDI JACQUES, licence 1 de STRM.
Nous avons porté cette information et présenté ces blessés à toutes les autorités et à la population ivoirienne.
– Le Mercredi 18 Novembre 2015
Après une dispute entre les étudiants de la FESCI et ceux de l’AGEECI au quai de bus de la SOTRA situé au CHU de Cocody, plus tard dans la même soirée l’AGEECI a encore fait irruption sur le campus avec des badauds agressant les camarades de la FESCI. Nous avons dénombré, ce jour-là, plusieurs blessés qui ont été admis aux urgences au CHU de Cocody.
– Jeudi 19 Novembre 2015
Après une réunion tenue en cité Universitaire de Cocody, les camarades de l’AGEECI armés ont tendu des embuscades à la FESCI.
Malheureusement beaucoup de nos camarades étaient présents au mauvais moment et au mauvais endroit.
KONIN Wilfried a été enlevé au restaurant les palmiers pour être bastonné, tailladé à la machette et brandi comme un trophée devant toutes les administrations universitaires avant d’être abandonné sans vie dans les caniveaux du Campus.
Ses camarades interpellés par les étudiants et qui venaient à son secours sous la pluie ont été pris à partie par les camarades de l’AGEECI et leurs supplétifs loués pour la sale besogne. Ils ont eu la vie sauve grâce à la police qui passait par-là.
Là encore, j’ai appelé au calme et à la retenue !
Le lendemain à 6 heures du matin déjà, nous avons été informés des mouvements suspects des militants de l’AGEECI armés de gourdins, de machettes, d’armes blanches, ivres de colère sur l’espace universitaire. Quelques temps après nous avons été informés que des convois de badauds surarmés ont fait irruption sur le campus par le portail droit de l’arrêt du bus 28 en renfort à ces faiseurs de loi sur le terrain.
Cette situation tout aussi inquiétante nous a obligés à alerter les autorités en charge de l’université afin que toutes les mesures idoines soient prises pour garantir la sécurité des étudiants. Mais rien n’a été visiblement fait jusqu’à 17 heures où ces gens armés s’en sont pris à nos camarades. Je voudrais ici préciser que l’Université étant en vacances pour la plupart des UFR, seule la FESCI Sciences Eco était présente.
Raison pour laquelle, elle paie les frais de cet assaut honteux de nos agresseurs. Ainsi, déplorons-nous l’assassinat du camarade étudiant KONIN CHRISTIAN WILFRIED, inscrit en master 1 de gestion et l’état critique dans lequel se trouve encore ASSEU LAURENT PATRICK étudiant inscrit en master 2 de gestion, tous deux poignardés et coupés à la machette. Cette énième attaque qui suscite la consternation totale chez tous les étudiants, a malheureusement détruit la vie d’un innocent.
La FESCI condamne avec la dernière énergie cette atrocité.
Je viens par ce message souhaiter prompt rétablissement aux camarades blessés et présenter mes condoléances les plus attristées à la famille du défunt camarade.
Camarades élèves, étudiantes et étudiants, Ivoiriennes et Ivoiriens, cette situation suscite d’énormes interrogations qui nous amènent à faire deux remarques essentielles :
1- L’absence de réaction des autorités universitaires après les évènements. Ce qui laisse croire à une probable complicité avec nos agresseurs ;
2- Le cadre universitaire n’inspire plus confiance à ses milliers d’étudiants soumis désormais à l’insécurité dans leur quotidien et qui depuis le lundi ont décidé de rester chez eux.
C’est le lieu pour nous de demander à l’ensemble des étudiants de reprendre le chemin de l’école.
C’est pourquoi, tout en respectant la ligne que nous nous sommes librement donnée :
– Nous déplorons avec fermeté le non-respect récurrent de la charte de non-violence signée par toutes les parties agissantes en milieux scolaire et universitaire, non seulement, par l’AGEECI mais aussi par les autorités de l’Université ;
– Nous appelons à la dénonciation des bourreaux de l’étudiant KONIN CHRISTIAN WILFRIED.
– Nous appelons à la mobilisation de tous les étudiants afin de demander aux autorités de faire la lumière sur ce crime crapuleux et honteux.
– Nous appelons tous les camarades de la FESCI à se munir de bandeaux rouges et noirs durant cette période de deuil.
– La FESCI et l’ensemble des élèves et étudiants sont indignés face à ce crime crapuleux et les mesures prises par le conseil de l’université et le gouvernement ;
– La FESCI met en garde toutes les personnes qui manœuvrent dans le noir pour permettre la libération de ces assassins ;
– La FESCI voudrait prendre l’ensemble des élèves et étudiants, les institutions nationales et internationales, les chancelleries, les organisations des droits de l’Homme, l’opinion nationale et internationale à témoin face à ces comportements inhumains de l’AGEECI;
– La FESCI voudrait rassurer les élèves et étudiants de sa fermeté à œuvrer pour leurs conditions saines et propices aux études ;
– La FESCI présente ses sincères condoléances à la famille KONIN et à tous les élèves et étudiants.
Au moment où nous essayons de contenir la douleur et la peine des étudiants qui ne réclament que justice soit faite, nous avons appris par voie de presse que le Conseil de l’Université Félix Houphouët-Boigny, réuni ce lundi, a demandé notre dissolution et le gouvernement notre suspension.
– La FESCI ne se reconnait pas dans toutes ces mesures prises pour saper l’engagement des étudiants et confiner leur liberté d’expression.
– Le FESCI crie au complot et prendra ses responsabilités si rien n’est fait dans les jours à venir.
Que Dieu le souverain bénisse la FESCI et que vive l’école Ivoirienne.

11:33 Écrit par Lavane Murphy dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

mercredi, 25 novembre 2015

Scandale des écoutes téléphoniques, mine clandestine : L'entourage de Wattao se fâche et livre des secrets

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Il n'y a pas de fumée sans feu. C'est du moins ce que croit savoir l'entourage du colonel Issiaka Ouattara alias Wattao, le sulfureux ex-chef de guerre de la rébellion, après la diffusion d'information lui attribuant l'appartenance d'un site d'orpaillage clandestin.

Dans le cercle de l’ex-seigneur de guerre, on pense que l’affaire de la mine clandestine, rendue publique, vendredi 20 novembre 2015, n’est qu’un nouveau développement du scandale des écoutes téléphoniques, comme l’affirmait une partie de la presse. C’est du reste ce que laisse entendre un proche du colonel Wattao, que nous avons joint par téléphone, dimanche 22 novembre 2015, suite à notre parution du samedi précédent, faisant état d’un site d’orpaillage clandestin, dont le colonel serait propriétaire. A en croire notre interlocuteur, cette affaire s’inscrit dans une stratégie visant à atteindre Guillaume Soro en nuisant à Wattao, dont on connaît les liens avec l’ex-leader de la rébellion. « On est au courant de ce qui se passe. C’est un problème compliqué qui ne date pas d’aujourd’hui », commence par dire notre interlocuteur, avant de se faire plus explicite. « Les gens se disent que Wattao étant l’homme de l’autre ( sous-entendu Guillaume Soro, ex-secrétaire général des Forces nouvelles et actuel président de l’Assemblée nationale), il faut qu’on lui nuise », lâche notre source. Et de renchérir : « Sachant les relations étroites qu’il entretient avec l’autre ( Soro), et vu l’influence qu’il a dans l’Armée, ils se disent qu’il faut créer une situation pour lui nuire. C’est pour cela que chaque fois qu’il y a une accalmie, ils sortent quelque chose d’autre pour l’accabler ». Pour notre interlocuteur, tout cela est bien orchestré. « Des gens sont financés et mis en mission pour faire ce travail », assure ce proche de Wattao. Pour étayer ses dires, il cite deux exemples : la prétendue immixtion de son patron dans le milieu des syndicats du transport, ce qui serait à l’origine des récurrentes rixes observées dans ce milieu ; et le documentaire réalisé sur le « commandant » Wattao par une télévision occidentale. S’agissant de la prétendue connexion entre l’ex-chef de guerre et les syndicats, il estime qu’elle ne tient pas la route. « Vous vous rappelez qu’on l’accusait d’être à l’origine des querelles récurrentes entre les syndicats du transport. Depuis qu’on l’a éloigné du pays, est-ce que ces syndicats n’ont pas continué à s’entre-déchirer ? », balaie-t-il du revers de la main cette accusation.

 

Pourquoi en veut-on à Wattao

 Faisant un parallèle avec l’histoire de la mine clandestine qui lui est attribuée, et qui rapporterait près de 49 milliards de Fcfa, avant sa fermeture par l’Armée, ce collaborateur de Wattao en rit presque. « Comment peuvent-ils dire qu’il contrôlait une mine d’or qui lui rapporte 60 milliards de Fcfa et dans le même temps, raconter que des syndicats du milieu du transport lui donnaient des millions de Fcfa par semaine ? S’il avait vraiment ces 60 milliards de Fcfa générés par cette mine clandestine, qu’est-ce qu’il irait faire parmi les syndicalistes ? », argue ce proche de l’ex-patron du Ccdo( Centre de coordination des décisions opérationnelles). Par ailleurs, il évoque le documentaire réalisé par une télévision européenne sur le « commandant » Wattao. Selon lui, l’exploitation qui en a été faite montre bien que tout cela participe de la stratégie de dénigrement de cet officier de l’Armée. « Pour lui nuire, ils ont envoyé des Français réaliser une émission sur lui et sa mission du temps où il était à la tête du Ccdo. Il a donné son accord. Mais après que s’est-il passé ? Ils ont présenté tout le contraire du reportage qu’ils ont réalisé. Ils n’ont fait que parler de sa vie privée alors qu’il s’agissait initialement de parler du fonctionnement du Ccdo, qui venait d’être mis en place », explique-t-il, avant de s’appesantir sur l’affaire de la mine clandestine supposée appartenir à son patron. « Comment comprendre que dans cette Côte d’Ivoire réunifiée, un individu puisse à lui seul gérer une mine d’or qui lui rapporte 60 milliards de Fcfa, et non 60 millions de Fcfa par an ? J’aurais compris si on était encore dans la rébellion », avance notre interlocuteur. Et de poursuivre : « En plus, la mine en question est située à Daloa. On aurait compris si elle se trouvait &agrav (...)

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17:23 Écrit par Lavane Murphy dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

Deux ans après sa sortie de prison / Michel Gbagbo livre des secrets : « Comment des prêtres m'ont sauvé la vie »

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Depuis, il vit seul et donne des cours de criminologie à l'Université d'Abidjan. Le quartier est soigné et résidentiel. Un hameau de paix avec sa rue large, ses maisons spacieuses, ses gazons tondus et un mur d'enceinte qui le protège de l'extérieur, typique de la Riviera Golf, le quartier huppé de la commune de Cocody, à Abidjan.

Michel Gbabgo, le fils du Président Laurent Gbabgo, habite dans ce décor à mi-chemin entre les zones urbaines sécurisées sud-africaines et Wisteria Lane, la célèbre rue de la série américaineDesperate Housewives. Il occupe la maison de son père, détenu à La Haye en attendant d’être jugé par la cour pénale internationale pour crimes contre l’humanité. Laurent Gbagbo, alors professeur d’histoire, a vécu pendant des années avec sa première femme, la française Jacqueline Chamois, et leur fils, Michel Gbagbo, dans cette bâtisse, construite dans les années 1970 par des Israéliens pour les professeurs de l’Université d’Abidjan. Cette maison est loin d’être la plus éclatante, la plus entretenue et la plus volumineuse de la Riviera. Elle évoque la poupe d’un vieux navire échoué sur une plage proprette. Rien à voir avec la maison fastueuse, un brin clinquante, de son rival, l’actuel président Alassane Ouattara. Vêtu simplement d’un tee-shirt vert et d’un jean, le visage barré par une paire de lunettes de grand myope, le Robinson de cette île paternelle salue les visiteurs sans cérémonie. Dans une main, un téléphone portable qu’il vient d’acquérir, « une pâle copie d’une grande marque de téléphone, qui ne marche pas bien », explique-t-il alors qu’il essaie de répondre à un appel. Dans l’autre, un paquet de cigarettes. Michel Gbagbo fume, beaucoup.

 

Un discours très mesuré

L’homme est plutôt accueillant et ne semble pas rancunier. « Le journal La Croix ! Je me souviens, vous avez été très anti-Gbabgo pendant la crise post-électorale », dit-il sans ironie et sans acrimonie. La conversation est assez libre. Il répond longuement aux questions. Aime la précision et les détails dans ses réponses. Interrogé sur le climat politique actuel, il est, bien entendu, très critique. Mais, il s’exprime sans véhémence ou animosité. « Nous ne vivons pas sous une dictature, mais nous assistons à une dérive autocratique », affirme-t-il tranquillement. Il note les arrestations au cours des manifestations contre le régime, la prépondérance des gens du nord dans les postes clés de l’administration Ouattara, la justice de vainqueur qui s’en prend uniquement à ceux qui ont soutenu Laurent Gbagbo. De telles critiques sont exprimées quotidiennement par l’opposition, mais pas seulement. Nombre d’observateurs et d’ONGde défense des droits de l’homme, comme Amnesty International et la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH), font quasiment le même constat.

 

Discrétion de mise à propos de son père

Si la conversation roule sur Laurent Gbagbo, son fils ne tient pas à s’étendre. « Mon père va être jugé,dit-il. Tout ce que je peux dire peut être utilisé contre lui. Je ne le souhaite pas, vous comprenez».Il refuse de livrer le fond de sa pensée sur l’ex-président dont il admet qu’il n’est pas un homme parfait. « Entre le père que j’ai connu enfant et celui qui a présidé la Côte d’Ivoire, il y a eu deux événements qui l’ont, je crois, profondément transformé : son emprisonnement en 1992 à la demande d’Alassane Ouattara, alors Premier ministre d’Houphouët-Boigny. Et son élection à la présidentielle de 2000 », reconnaît-il, sans en dire plus. Si on l’interroge sur le rapport délirant que son père a entretenu avec le mysticisme évangélique, il répond que le religieux et le politique ne font jamais bon ménage. « Le religieux doit rester dans la sphère privée d’un homme politique. Sinon, c’est la porte ouverte à tous les excès et les fanatismes », concède-t-il. Arrêté avec son père, en avril 2011, Michel Gbagbo a été libéré en août 2013. Depuis l’an dernier, il donne des cours de criminologie à l’Université d’Abidjan. Auteur d’une thèse sur la psychopathologie de la vie sociale, il s’est spécialisé dans la criminologie clinique et dans la prise en charge des patients psychologiquement dangereux. Dans un pays qui compte moins d’une quarantaine de psychiatres, le terrain est en friche. « Les solidarités traditionnelles sont remises en question par la compétitivité, la performance individuelle et la dérégulation du marché. Dans ce contexte, l’intégration des personnes ayant souffert d’une pathologie mentale est un défi », analyse-t-il.

 

Un métier de professeur

Avec un statut de maître-assistant, il doit assurer 200 heures de cours par an et touche 700 000 FCFA (environ 1 070 €) par mois. Il dit n’avoir aucun avantage particulier. Il est toléré par l’administration universitaire et semble plutôt apprécié par ses étudiants. « Je fais cours dans un amphi de 400 étudiants. Il est toujours plein. Je suis un peu une curiosité. À la fin de mes cours, certains s’approchent pour se prendre en photo avec moi. Je ne refuse pas. Je sais qu’à travers moi, c’est mon père qu’ils voient. C’est comme ça». Entre ses cours, il écrit des essais sur la folie et la criminologie. Le dernier en date Quelle place pour les fous guéris ? a été publié cette année chez L’Harmattan, à Paris. Un livre dans lequel il synthétise la problématique de la réinsertion à Abidjan des personnes ayant souffert de troubles mentaux. Avant son incarcération, il publiait même de la poésie comme Les Souillons en 2010 ouConfidences en 2006. Il lui est interdit de quitter la Côte d’Ivoire. Sa femme et ses enfants vivent en exil au Ghana. Et sa mère, à Lyon. « Ne pas voir ma famille, ne pas vivre avec elle, c’est le plus dur. Depuis ma libération, ma femme a obtenu à deux ou trois reprises un visa de quelques jours pour venir ici. Ce n’est pas beaucoup».

Des relations distantes avec la politique

La politique ? Il n’y a pas renoncé. Socialiste, il souhaite voir le retour au pouvoir du Front populaire ivoirien (FPI), le parti de son père. Y croit-il et le souhaite-t-il vraiment ? Ce n’est pas sûr. Du temps de son père président, il n’a jamais occupé un poste clé dans le système Gbagbo. Depuis que Laurent Gbagbo est en prison, le fils apparaît, à une partie de ses partisans, comme l’héritier du roi déchu. Mais, il semble peu intéressé par cette tâche. A priori, il n’est pas de la même facture qu’un Joseph Kabila, un Karim Wade ou un Ali Bongo, ces fils de présidents africains habités par l’impérieux désir du pouvoir. En revanche, il se mobilise pour défendre les partisans de son père toujours emprisonnés. « Les arr (...)

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