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jeudi, 26 novembre 2015

La dernière lettre de Patrice Lumumba à sa femme Pauline: « Si je meurs demain, c’est parce qu’un Blanc aura armé la main d’un Noir »

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Essayant de gagner la province du Kasaï contrôlée par ses partisans fin novembre 1960, Lumumba est capturé. De sa prison, il écrit à sa femme Pauline.

Ma compagne chérie,

Je t’écris ces mots sans savoir s’ils te parviendront, quand ils te parviendront et si je serai en vie lorsque tu les liras. Tout au long de ma lutte pour l’indépendance de mon pays, je n’ai jamais douté un seul instant du triomphe final de la cause sacrée à laquelle mes compagnons et moi avons consacré toute notre vie. Mais ce que nous voulions pour notre pays, son droit à une vie honorable, à une dignité sans tache, à une indépendance sans restrictions, le colonialisme belge et ses alliés occidentaux – qui ont trouvé des soutiens directs et indirects, délibérés et non délibérés, parmi certains hauts fonctionnaires des Nations-Unies, cet organisme en qui nous avons placé toute notre confiance lorsque nous avons fait appel à son assistance – ne l’ont jamais voulu.

Ils ont corrompu certains de nos compatriotes, ils ont contribué à déformer la vérité et à souiller notre indépendance. Que pourrai je dire d’autre ? Que mort, vivant, libre ou en prison sur ordre des colonialistes, ce n’est pas ma personne qui compte. C’est le Congo, c’est notre pauvre peuple dont on a transformé l’indépendance en une cage d’où l’on nous regarde du dehors, tantôt avec cette compassion bénévole, tantôt avec joie et plaisir. Mais ma foi restera inébranlable. Je sais et je sens au fond de moi même que tôt ou tard mon peuple se débarrassera de tous ses ennemis intérieurs et extérieurs, qu’il se lèvera comme un seul homme pour dire non au capitalisme dégradant et honteux, et pour reprendre sa dignité sous un soleil pur.

Nous ne sommes pas seuls. L’Afrique, l’Asie et les peuples libres et libérés de tous les coins du monde se trouveront toujours aux côtés de millions de congolais qui n’abandonneront la lutte que le jour où il n’y aura plus de colonisateurs et leurs mercenaires dans notre pays. A mes enfants que je laisse, et que peut-être je ne reverrai plus, je veux qu’on dise que l’avenir du Congo est beau et qu’il attend d’eux, comme il attend de chaque Congolais, d’accomplir la tâche sacrée de la reconstruction de notre indépendance et de notre souveraineté, car sans dignité il n’y a pas de liberté, sans justice il n’y a pas de dignité, et sans indépendance il n’y a pas d’hommes libres.

Ni brutalités, ni sévices, ni tortures ne m’ont jamais amené à demander la grâce, car je préfère mourir la tête haute, la foi inébranlable et la confiance profonde dans la destinée de mon pays, plutôt que vivre dans la soumission et le mépris des principes sacrés. L’histoire dira un jour son mot, mais ce ne sera pas l’histoire qu’on enseignera à Bruxelles, Washington, Paris ou aux Nations Unies, mais celle qu’on enseignera dans les pays affranchis du colonialisme et de ses fantoches. L’Afrique écrira sa propre histoire et elle sera au nord et au sud du Sahara une histoire de gloire et de dignité. Ne me pleure pas, ma compagne.

Moi je sais que mon pays, qui souffre tant, saura défendre son indépendance et sa liberté.

Vive le Congo ! Vive l’Afrique !

Patrice Lumumba

12:01 Écrit par Lavane Murphy dans Blog | Lien permanent | Commentaires (4) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

Côte d’Ivoire / coup d’Etat au Burkina: Au moins 160 millions Fcfa venus d’Abidjan de qui ?

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Pour financer le Coup d’État de Gilbert Diendéré au Burkina Faso, 160 millions CFA sont venus de Côte d’Ivoire, d’après le rapport de la commission d’enquête chargée d’identifier les responsabilités internes et externes dans la forfaiture contre les autorités de la transition.

Coup d’État au Burkina: le nom de Soro Guillaume absent du rapport

Il y a quelques temps, une bande-son toujours en cours d’authentification, mettait en cause Soro dans le putsch manqué au Burkina Faso. Sur celle-ci, un homme censé être le président de l’Assemblée nationale ivoirienne donnait des instructions pour éviter l’échec de la tentative de Coup d’État qui était en cours au Burkina Faso. Il promettait également un soutien financier et demandait à être visité par des intermédiaires pour la récupération des fonds.

Cette fuite qui serait un élément du dossier à charge contre Soro voit son initiative confirmée par le rapport de 34 pagesremis par la commission d’enquête chargée de situer la responsabilité de chaque partie prenante au Coup d’État échoué de Gilbert Diendéré. Comme le promettait la voix supposée de Soro Guillaume dans l’enregistrement, Djibril Bassoléaurait bien reçu des fonds en provenance de Côte d’Ivoire pour financer «la résistance des militaires du Régiment de sécurité présidentiel [RSP]», selon la Lettre du continent.

Qui a donné les 160 millions F CFA ?

La commission d’enquête a identifié 160 millions F CFA comme étant le total de l’argent venu d’Abidjan pour financer cette déstabilisation du Burkina Faso. Toutefois, elle ne mentionne pas le nom du PAN ivoirien dans son rapport. Gilbert Diendéré refuse de préciser de qui venaient «ces fonds », d’après ce rapport. Djibril Bassolé, l’interlocuteur de l’homme qui serait Guillaume Soro dans l’enregistrement est déclaré financier de cette opération.

L’ex-ministre des Affaires étrangères de Blaise Compaoré, présentement emprisonné à Ouagadougou, est déclaré responsable de la « connexion avec des forces étrangères ». Toujours selon ce rapport, Fatimata Diawara et d’autres personnalités « sont entrés en contact avec des officiers supérieurs de l’armée de Côte d’Ivoire pour soutenir le Général de Brigade Gilbert Diendéré.»

C’est plus de 127 personnes qui ont été auditionnées par la commission présidée par Simplice Poda, qui a remis son rapport au Premier ministre Isaac Zida le 20 novembre dernier.

Dans le rapport, il est marqué « Certes, la hiérarchie militaire dès la nuit du 16 au 17 septembre 2015 a opposé au Général de Brigade Gilbert DIENDERE un refus catégorique d’assumer le coup d’État, mais elle a fait preuve d’ambivalence aux premières heures en n’agissant pas contre la tentative de coup d’État…»

Gilbert DIENDERE est le principal commanditaire du putsch manqué, selon ce rapport. Il aurait planifié le « coup d’État avant le 16 septembre 2015 » après avoir « donné l’ordre le 15 septembre 2015 d’arrêter lors du Conseil des ministres du 16 septembre le Président du Faso, le Premier ministre et les membres du Gouvernement… »

Les exécutants du Coup d’État au Burkina Faso

Le colonel Deka Mahamady, Lieutenant Koné Daouda Begnon II et leurs éléments sont désignés comme étant les responsables de la mise à sac de la Radio Savane FM : menace sur agent et assassinat d’un manifestant à côté de Central Hôtel.

Des complices civils du putsch

Dans ce rapport, on y découvre sur la liste des complices civiles le nom d’Herman Yameogo, fils aîné de Maurice Yaméogo, premier président du Burkina Faso de 1959 à 1966, décédé à 71 ans le 15 septembre 1993, au Burkina Faso.

Avec Koné Léonce, Tapsoba Achille Marie Joseph, Diawara Fatimata Thérèse et Sawadogo Salifou auraient pris fait et cause pour le putsch. Ils ont mobilisé leurs militants pour soutenir le coup d’Etat et ont reçu le sac de voyage contenant de l’argent, venu de la Côte d’Ivoire.

Source: afrique-sur7.fr

11:57 Écrit par Lavane Murphy dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

Côte d’Ivoire: Nous vivons dans une grande hallucination appelée « émergence ».

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Gbagbo, au pouvoir, était un villageois de Mama qui mangeait avec les doigts et ne connaissait pas le gratin de la finance mondialisée, SOIT. Mais sous lui, qui ne comprenait, dit-on, rien à l’économie, et dans un contexte de guerre civile (oui ! oui !), les entreprises publiques ivoiriennes s’étaient pour certaines redressées. La CAA, promise au démantèlement, était devenue une vraie banque, la BNI, avec un riche réseau d’agences. La PETROCI avait accru son patrimoine, se lançant dans les stations-services et investissant dans des puits pétroliers. La SIR avait profité de la diplomatie pétrolière avec les « comrades » angolais pour éviter la banqueroute qu’on lui prédisait en 1999. Sous le « grand économiste que le monde nous envie », la PETROCI se noie et vend une partie de son patrimoine aux bons petits de Sassou (à qui le brave tchè doit…), la SOTRA s’enrhume, la Caisse d’épargne prend l’eau, la BFA est liquidée, les parts de l’Etat dans la SIB sont bradées dans la plus grande opacité, la SIR n’a pas le moral. Bizarre, non ? Nous vivons dans une grande hallucination appelée « émergence ».

(Théophile Kouamouo)

11:53 Écrit par Lavane Murphy dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg