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jeudi, 29 octobre 2015

Françafrique : Alpha Condé, Dramane Ouattara et Sassou.Trois scrutins chaotiques validés par la France

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Le référendum constitutionnel au Congo comme les scrutins présidentiels en Guinée et en Côte d'Ivoire sont tout sauf démocratiques. Et la France peine à se démarquer de ces dérives.

A priori, il n'y a rien  de commun entre la consultation référendaire au Congo, le dimanche 25 octobre, et les récents scrutins présidentiels en Guinée et en Côte d'Ivoire. Mais, en y regardant de près on observe dans chacune de ces trois expériences démocratiques l'empreinte de la désorganisation, voire un déni de la démocratie.

Une Guinée plombée par la tentation de la violence

Examinons d'abord le cas de la Guinée qui a ouvert le 11 octobre  la série des rendez-vous électoraux: 57,85% des voix en faveur du président sortant, Alpha Condé, une validation attendue de la Cour constitutionnelle. Aucun consensus, d'emblée, sur la  liste électorale, sur la composition de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) ou encore le calendrier électoral. Les candidats de l'opposition avaient menacé jusqu'à la veille du scrutin de s'en retirer.

Il aura d'ailleurs fallu tout le trésor de persuasion d'une délégation de la communauté internationale conduite par le Ghanéen Mohamed Ibn Chambas, représentant de Ban ki-Moon en Afrique de l'Ouest,  pour que les principaux candidats de l'opposition consentent in extremis  à briguer les suffrages des Guinéens.

Un boycott aurait fait trébucher la démocratie naissante guinéenne déjà endeuillée par la dizaine  de morts  pendant la campagne électorale. « La violence politique, c'est un peu la marque de la Guinée,  de Sékou Touré à Daddis Camara, a affirmé à Mondafrique le politologue Michel Galy. Elle resurgit de temps en temps à la faveur des échéances électorales ».

Le niveau de violence n'est pas la seule tare de la démocratie guinéenne. Les opérations de vote ont été émaillées le 11 octobre par de nombreuses irrégularités : ouverture tardive de certains bureaux de vote, des électeurs titulaires de leurs cartes mais qui ne retrouvent pas leur noms sur les listes, manque de matériel dans d'autres bureaux…  L'opposition a par ailleurs mis en évidence le taux de participation record dans les bastions du Rassemblement du peuple de guinéen (RPG), le parti du pouvoir, avec vingt points de plus que la moyenne nationale estimée autour de 68%.

Les autres incriminations des candidats de l'opposition portaient sur l'augmentation de près de 15,9 %  du nombre d'électeurs inscrits sur les listes entre 2013 et 2015 dans des zones réputées être des fiefs du président  sortant. Celui-ci était, rappelle-t-on, arrivé deuxième lors de la présidentielle de 2010 avec près de 18% avant de coiffer au poteau son rival Cellou Dalein Diallo qui avait obtenu près de 44% des voix.

La coalition Arc-en-ciel, qui avait soutenu le président, avait ensuit perdu les élections législatives organisées en 2013. L'analyse des données de la précédente présidentielle jette aujourd'hui un sérieux doute sur la large victoire du candidat Condé dès le premier tour. « Il est difficile d'admettre que sa victoire soit sincère et transparente », avait indiqué un observateur étranger cité dans les colonnes de nos confrères du "Monde". A Paris, aucun commentaire officiel pour l'instant

Un Congo aux relents plébiscitaires

Au Congo, le référendum organisé le dimanche 25 octobre au Congo pour doter le pays d'une nouvelle constitution n'a pas plus provoqué le moindre consensus. Face à ce qu'elle considère comme une volonté du président  Sassou de passer en force pour pouvoir se représenter en 2016, l'opposition regroupée au sein du front républicain pour le respect de l'ordre constitutionnel au Congo (FROCAD) a  lancé une série de manifestations qui ont fait, selon les sources,  entre quatre et dix morts. L'absence de sérénité n'a pas permis aux Congolais de connaître le contenu exact du projet de Constitution sur lequel ils devaient se prononcer.

Résultat, la consultation avait plutôt pris la forme d'un plébiscite pour ou contre Sassou Nguesso. Comme en Guinée, ici aussi les opérations électorales ont été chaotiques. Ici, le bureau de vote manque d'isoloir obligeant les électeurs, si jamais ils venaient, à accomplir leur devoir civique sans la moindre confidentialité.

Là, les bureaux ont dû être fermés avant l'heure pour prévenir des violences. Selon plusieurs témoins, la consultation n'a pas suscité de débordement particulier d'enthousiasme. « Le seul bureau ou il y avait du monde, c'est celui de la mairie de Ouenzé àù Denis Sassou Nguesso est venu voter », a raconté sur  les antennes de RFI  l'envoyée spéciale de la radio à Brazzaville.

Contre toute évidence, le pouvoir a pourtant annoncé le mardi 27 octobre un taux de participation de 72,44% et une victoire du oui avec 92,96%. Le compte est certes  bon pour Sassou qui pourra légalement se présenter en 2016 en vertu de la nouvelle constitution. Mais le référendum ne règle pas la question de fond qui porte  sur l'urgence d'une alternance démocratique et pacifique à la tête du Congo, pays dirigé depuis 1997 par le président Sassou qui cumule au total plus de 30 années au pouvoir.

« Depuis le retour du président Sassou au pouvoir en 1997, il n'y a eu aucune élection transparente au Congo, a déclaré Me Brice Mzamba, président du Cercle de la rupture et porte-parole du Mouvement Ras-le-bol. La mascarade qu'il vient d'organiser laisse tout entier le problème politique dans lequel sa gouvernance anti-démocratique a plongé le Congo ».

Après la position ambiguë exprimée par le président Hollande à la veille de la consultation, l'Elysée a diffusé mardi 27 octobre un communiqué précisant que les conditions dans lesquelles le référendum a été organisé ne "permettent pas d'en apprécier le résultat, notamment en termes de participation".

Une Côte d'Ivoire entachée par une guerre des chiffres

Comme le socialiste Condé et le marxisant Sassou, le président ivoirien Alassane Ouattara n'est  pas parvenu  à offrir à ses concurrents des conditions consensuelles lors du scrutin du dimanche 25 octobre. La composition de la  Commission électorale indépendante (CEI),  avec à sa tête Youssouf Bakayoko, qui était déjà ce poste lors de la présidentielle de 2010, n'a pas satisfait les adversaires du candidat du Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP). L'opposition était tout aussi critique sur l'accès équitable aux médias publics, notamment la Radio télévision ivoirienne (RTI) et le quotidien Fraternité Matin. 

Le départ du très respecté Professeur Francis Wodié de son poste de président du Conseil constitutionnel pour, selon certaines sources,  ne pas cautionner un scrutin biaisé, avait déjà jeté  une ombre sur le processus. Les retraits des candidats Amara Essy, Mamadou Koulibaly et Charles Konan Banny intervenus bien plus tard sont venus écorner l'image d'une présidentielle qui semblait pliée d'avance tant la disproportion paraissait grande entre  les moyens humains et financiers colossaux de Ouattara et ceux de ses autres concurrents.

Et comme tout cela ne suffisait pas,  est arrivée la polémique sur le taux de participation. Il est de 60% selon la CEI, de 53% d'après la Société civile et de moins de 30%, d'après une estimation de l'opposition. Cette guerre de chiffre entache la victoire du président sortant.

Alassane Ouattara avait pourtant toutes les cartes en main pour remporter le scrutin avec l'onction démocratique. D'abord au plan politique, le candidat du RDR bénéficie du soutien total de l'aile majoritaire du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI)  de l'ancien président Henri Konan Bédié. Plusieurs observateurs soutiennent même que c'est ce ralliement de l'ex-parti unique qui avait permis à Ouattara de remporter la présidentielle de 2010 face à Laurent Gbagbo.

L'autre atout de l'ancien Premier ministre de Houphouët-Boigny dans la course pour le renouvellement de son mandat, c'est son bilan économique. Depuis 2012, son pays affiche une croissance économique de 8 à 9% ; il a réussi à le doter de nouvelles infrastructures en même temps qu'il a réhabilitées  les universités et se prépare à offrir à la capitale économique ivoirienne un métro.

Signe de la bonne santé économique du pays, le secteur du transport aérien se développe à grands pas. Le nombre de passagers à l'aéroport Félix Houphouët-Boigny est ainsi passé de 640.000 en 2011 à 1,3 million en 2014. Plutôt que tirer les dividendes politiques de son  bilan économique pour s'assurer un succès  indiscutable,  Alassane Ouattara a choisi une stratégie qui lui garantit une victoire sans panache.

Le modèle anglophone

Alors que les trois pays francophones se débattaient dans des difficultés d'organisation de scrutins électoraux, la Tanzanie, elle, se préparait dimanche 25 octobre à une alternance démocratique avec un président sortant Jakaya Kikwete  qui n'a nullement tenté de modifier la constitution pour se maintenir au pouvoir.

Le Nigeria, autre pays anglophone, avait déjà montré  en mars dernier qu'une présidentielle pouvait se tenir de manière transparente et régulière en Afrique et ouvrir là encore la voie à une alternance pacifique.  Finalement, comme en matière de développement, l'Afrique anglophone a pris une longueur d'avance sur le plan de la démocratie par rapport aux pays francophones.

Seidik Abba

10:08 Écrit par Lavane Murphy dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

FRONT POPULAIRE IVOIRIEN: Déclaration du Front Populaire Ivoirien suite à la proclamation par la CEI des résultats provisoires de l’élection présidentielle du 25 octobre 2015

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Déclaration du Front Populaire Ivoirien suite à la proclamation par la CEI des résultats provisoires de l’élection présidentielle du 25 octobre 2015

1- La Commission Electorale Indépendante (CEI) dirigée par M. Youssouf Bakayoko, par qui la Côte d’Ivoire et son peuple  baignent, jusqu’aujourd’hui encore, dans une situation de crise aiguë, a annoncé le lundi 26 et le mercredi 28 octobre 2015, respectivement le taux de participation puis les résultats provisoires du premier tour de l’élection présidentielle ;  

 

2- Le premier taux de participation, selon ladite Commission, serait de 60%. Mais que de tractations au sein de la CEI pour aboutir à ce premier chiffre plus de vingt quatre heures après la clôture du scrutin ! Or, il est notoirement établi que l’organe national chargé des élections dans un pays peut disposer du taux national de participation, au plus tard trois heures après la clôture des bureaux de vote, si le  processus de vote s’est déroulé  dans la régularité, dans la transparence et dans la sincérité. Car, dans tout processus électoral sérieux, le taux de participation par bureau de vote est par principe disponible avant même le pointage des voix obtenues par chaque candidat ;

 

3- L’annonce de ce premier taux de participation surréaliste de 60% n’a  été  faite ni par Monsieur Youssouf Bakayoko, président de la CEI, ni par Me Victoire ALLEY, Porte-parole de l’institution. Elle a été plutôt faite par M. Sourou Koné, le représentant du  candidat Alassane Ouattara au sein de la CEI ;  

 

4- Ce fameux taux de participation de 60%, annoncé à la télévision nationale par Sourou Koné, a été démenti par un communiqué officiel de la CEI indiquant que le représentant d’Alassane Ouattara a agi de son propre chef, sans mandat de la CEI ;

 

5- Plus tard, la CEI a annoncé un second taux de participation qui serait de 54,63%.  Ce taux, bien qu’inférieur à celui de Sourou Koné, choque la conscience et l’intelligence du Peuple souverain de Côte d’Ivoire qui connaît la réalité du terrain ;

 

6- Ces taux de participation contradictoires provenant de personnes de la même institution sont, en réalité, très loin des taux de participation annoncés par les organisations nationales et internationales qui avaient leurs représentants et experts sur l’ensemble du territoire national ;

 

7- Ainsi : 

- la CEDEAO a avancé un taux de 40% ;

- les médias internationaux (France 2, France 24 et Africa 24) ont annoncé 20% ;

- plusieurs chancelleries occidentales notent 9% ;

- de façon générale, au moment de la fermeture légale des bureaux de vote (17 heures), sur un total de 6.300.142 inscrits, le FPI a noté, avec ses relais à travers tout le pays, que seulement 11% des électeurs ont participé au scrutin, soit à peu près 700.000 votants ;

- Ce chiffre du FPI est corroboré par des indiscrétions au sein de la CEI qui affirment que le vrai taux de participation sorti des urnes serait de 10,33% ! 

 

8- De tous ces taux de participation contradictoires pour la même élection, le constat est net que c’est celui du FPI (11%) qui avoisine ceux en possession des chancelleries (9%), ceux sortis des indiscrétions de la CEI (10,33%) et des services de renseignements de l’Etat ;

 

9- Ces seuls chiffres convergents montrent non seulement une grande et nette victoire du FPI dont le mot d’ordre d’abstention a été largement suivi par le Peuple souverain de Côte d’Ivoire, mais traduisent aussi et surtout le rejet constant du régime minoritaire d’Alassane Ouattara issu du coup d’Etat du 11 avril 2011 ;

 

10- Le Front Populaire Ivoirien relève qu’en plus des taux de participation erronés et des résultats provisoires fantaisistes annoncés officiellement par la CEI, l’élection présidentielle a été entachée de nombreuses irrégularités flagrantes dont voici quelques unes :  

 

• Monsieur Alassane Ouattara, candidat inéligible, selon les dispositions pertinentes de la Constitution, a participé à ladite élection ;  

 

• Pour le retrait des cartes d’électeurs, suite au peu d’engouement des populations après le délai légal, le gouvernement et la CEI ont pris sur eux de proroger ce délai en violation flagrante des dispositions du code électoral;

 

• Les tablettes biométriques ont été introduites dans le processus électoral sans l’autorisation préalable de l’Assemblée Nationale ;  

 

• L’achat des consciences et la campagne électorale avaient toujours cours le jour du vote auprès de nombreux électeurs et dans des lieux de vote ;

 

• Les chasseurs traditionnels Dozos, les FRCI et autres milices du Rassemblement des Républicains (RDR, parti d’Alassane Ouattara) ont obligé les populations dans le Nord du pays à entrer dans des bureaux de vote avec des consignes précises de vote sous la contrainte ;

 

• Des électeurs ont été convoyés pour voter plusieurs fois dans différents bureaux de vote.

 

 Au vu de ce qui précède, le Front Populaire Ivoirien : 

 

 - Relève que ce qui s’est déroulé le dimanche 25 octobre 2015 est tout, sauf une élection juste, transparente, équitable et démocratique ;

 

- Observe que notre pays qui a connu la vraie démocratie et la dignité sous le régime du Président Laurent Gbagbo est, aujourd’hui, exposée à la risée du monde entier avec des taux de participation bassement contradictoires pour la même élection ;

 

- Souligne que le calme observé, partout dans le pays tout au long de la journée du 25 octobre 2015, montre à l’évidence de quel côté s’est toujours trouvée la violence en Côte d’Ivoire ;

 

- Remercie à nouveau le Peuple souverain de Côte d’Ivoire pour son engagement à ses côtés et au côté du Président Laurent Gbagbo pour le triomphe de la liberté et de la démocratie ;

 

- Réitère ses félicitations aux Ivoiriennes et aux Ivoiriens qui ont infligé une autre cuisante défaite à tous les imposteurs par une abstention réelle de plus de 89% à la parodie d’élection ;    

 

- Ne reconnait pas les résultats annoncés par la CEI et les rejette ;

 

- Entend se donner tous les moyens légaux pour contester cette mascarade ;

 

- Réaffirme que Monsieur Alassane Ouattara, chef d’Etat de fait depuis le coup d’Etat sanglant du 11 avril 2011, prétendu vainqueur de ladite parodie d’élection présidentielle, est et reste inéligible selon la Constitution de la République de Côte d’Ivoire.

 

Fait à Abidjan, le 28 octobre 2015    

 

Pour le Front populaire ivoirien Le Secrétaire Général Adjoint,

Porte parole par Intérim du FPI

KONE Boubakar

10:05 Écrit par Lavane Murphy dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

Côte d'Ivoire : le procès de Laurent Gbagbo devant la CPI reporté au 28 janvier

 

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L'ouverture du procès pour crimes contre l'humanité du président Laurent Gbagbo, prévue le 10 novembre 2015, est reportée au 28 janvier 2016, sur requête de la défense, afin de permettre aux juges d'examiner des rapports sur la santé de l'accusé.

Trois jours après la réélection d’Alassane Dramane Ouattara , le procès de Laurent Gbagbo, qui devait initialement débuter le 10 novembre 2015 devant la Cour pénale internationale (CPI), est de nouveau reporté au 28 janvier 2016. Un délai qui permettra aux juges d'examiner des rapports sur la santé de l'ex-président ivoirien.

 

"L'objectif de l'examen médical ordonné était de faciliter le règlement de toutes questions relatives à l'aptitude de M. Gbagbo à participer au procès", a précisé la CPI dans un communiqué, indiquant que le report a été demandé par la défense.

 

Dans une décision de la CPI de 2012, deux experts avaient déterminé que M. Gbagbo n'était pas en état de suivre les procédures contre lui, mais la Cour avait jugé qu'il était "en état de participer aux procédures". Charles Blé Goudé, sera jugé en même temps le 28 janvier 2016. 

Schéma

09:30 Écrit par Lavane Murphy dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg