topblog Ivoire blogs

jeudi, 07 janvier 2016

Côte d'Ivoire : Dramane Ouattara veut sauter le verrou de limitation des mandats

1452117065.png

Alors que des voix s’élèvent pour condamner les chefs d’État qui s’éternisent au pouvoir, ou enfreignent les lois démocratiques, voilà que l’un des ex-bouillants ministres du régime Ouattara crève l’abcès en proposant une abrogation de la limitation de la durée du mandat présidentiel. « Il faut abroger la limitation de la durée du mandat présidentiel », croit bien proposer Cissé Bacongo. Qui s’est fendu dans une longue et inextricable explication dans les colonnes de la presse proche du pouvoir, notamment.Une sortie qui à l’analyse trahit bien l’idée d’Alassane Ouattara.

 

On se rappelle que le mentor du Rdr avait promis ne pas s’éterniser au pouvoir. Il a promis donc se soumettre aux dispositions constitutionnelles en se retirant du pouvoir en 2020. Avec la sortie de son « bras droit », l’on est à mesure de s’interroger sur la crédibilité à accorder à cette promesse. N’est-ce pas le plan que le piège que renferme le projet de révision tant rêvé par Ouattara. Que réserve donc Ouattara aux Ivoiriens lors du référendum en vue ? En attendant, Cissé Bacongo vient de dévoiler le plan de Ouattara de s’éterniser au pouvoir, après 2020. Sinon comment comprendre cette idée de lever le verrou de limitation de la durée du mandat présidentiel en Côte d’Ivoire ? Un acquis pourtant démocratique dont sa remise en cause risque fort de ramener le pays des années arrière et donc l’échec de la lutte pour l’instauration de la démocratie en Côte d’Ivoire.

Une réalité qu’ignore Cissé Bacongo. Au point qu’il soutient dans sa contribution qu’en « limitant la durée du mandat présidentiel à dix (10) ans, suivant un modèle standard sans originalité en vigueur globalement sous les tropiques, l’alinéa 1er peut être contre-productif pour la promotion de la démocratie, voire s’avérer mortifère, dans son application stricte. Certes, dans un contexte de démocratie factice, comme dans de nombreux pays, particulièrement d’Afrique, où les Chefs d’État sont enclins à se maintenir au pouvoir, ad vitam aeternam, généralement au moyen d’artifices électoraux, la limitation du mandat présidentiel dans la Constitution peut être considéré comme un compromis salutaire entre le règne de la dictature déguisée et l’alternance au moyen des armes. Telle est, en tout cas, la perception qu’en ont les oppositions africaines, globalement, les puissances occidentales qui les soutiennent dans leur quête de démocratie et les Organisations Non-Gouvernementales de promotion de la démocratie ».

Une justification bien déguisée pour inviter son mentor à s’éterniser au pouvoir. Alors qu’il a déclaré ne pas aller au-delà 2020. « En Côte d’Ivoire, elle a été proposée, puis approuvée dans le cadre des travaux de la CCCE, par la quasi-totalité de la classe politique. En ce qui le concerne, l’actuel président de la République a milité, fermement, à la stupéfaction des membres de la direction de son parti, en faveur d’un mandat de sept (7) ans non-renouvelable, avant de céder devant l’argument consistant dans la nécessité, en démocratie, de soumettre le bilan de la gestion de l’État, au cours d’un mandat, au quitus du peuple, en briguant un nouveau mandat » rappelle Cissé Bacongo aux Ivoiriens. « Au demeurant, conclut-il, dans les grandes démocraties où elle est inscrite dans la constitution, la limitation du mandat présidentiel peut trouver une justification dans le fait que la classe politique regorge de cadres compétents, expérimentés et jouissant d’une légitimité nationale, qui attendent longtemps, avant d’accéder au pouvoir.

D’ailleurs, certaines de ces démocraties n’ont adopté la limitation dans leur constitution que récemment, comparativement à leur longue histoire politique : les Usa, conformément au XXIIe Amendement ratifié le 27 février 1957 ; la France, avec la Loi n°2008-724 du 23 juillet 2008. Il convient donc d’abroger la limitation de la durée du mandat présidentiel et de revenir à l’ancienne rédaction de la disposition traitant cette question dans la Constitution de 1960. On a bien conscience du risque de polémique attaché à cette proposition. Elle pourrait apparaitre comme une tentative, de la part du Président de la République, de se maintenir au pouvoir, à l’issue de son second mandat, malgré toutes les assurances qu’il a données en ce sens. Mais, l’auteur assume ce risque. Si la proposition est retenue, elle devrait s’accompagner, entre autres initiatives, de l’éducation et la sensibilisation des populations à travers les Associations et Ong de la Société civile et les partis politiques, du renforcement de tout le processus électoral par la crédibilisation des organes et structures de gestion, la transparence dans les procédures, le respect des règles d’égalité et d’équité ».

10:26 Écrit par Lavane Murphy dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

Les commentaires sont fermés.