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lundi, 21 décembre 2015

Côte d'Ivoire: Miaka Oureto enterré samedi dans son village à Buyo. Le FPI lui rend hommage

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Miaka Oureto a été enterré samedi dans son village à Buyo dans l’ouest de la Côte-d’Ivoire. Tous les cadres du Front Populaire Ivoirien de Laurent Gbagbo ont tenu à l'accompagner à sa dernière demeure.
Le parti de Laurent Gbagbo par la voix du président délégué Laurent Akoun, lui a rendu un dernier vibrant hommage.
HOMMAGE A MIAKA OURETTO SYLVAIN
Mesdames,
Messieurs,
Camarades Militants,
C’est un bien douloureux exercice que celui que le devoir de Premier Responsable de ce parti m’assigne, de m’adresser à vous dans des circonstances aussi difficiles.
Cette tâche aurait pu revenir à des voix plus dynamiques et plus autorisées, qui ne manquent pas au sein du parti et qui en ont certainement le verbe.
Mais j’ai pris sur moi la décision de le faire parce qu’il s’agit de Miaka Ouretto, Vice-président de ce parti, qui en fut le Président intérimaire pendant la transition qui a suivi le renversement du Président démocratiquement élu de Côte d’Ivoire Laurent Gbagbo, et le séisme qui s’est abattu sur le Front Populaire Ivoirien son parti, ainsi que l’ensemble de ses militants. Plusieurs années auparavant, Miaka a assumé avec beaucoup de réussite les fonctions de Secrétaire Général, Porte-parole du parti.
Je prends donc la parole au nom du Front Populaire Ivoirien, parti auquel notre camarade de lutte, a consacré une grande partie de son existence, sur cette terre des hommes.
Je le fais en ma qualité de Président délégué du parti, en l’absence du Président Gbagbo, mais surtout en tant que compagnon de lutte du défunt.
Mesdames et Messieurs, chers Camarades,
Ce matin du 24 octobre dernier, l’annonce de la mort de Miaka, a plongé non seulement sa famille biologique, les militants du Front Populaire Ivoirien, mais également au-delà ceux des Ivoiriens et Africains qui connaissaient l’homme, dans une profonde affliction. C’est comme s’il était survenu un crépuscule, dans le calme ce matin.
SYLVAIN MIAKA OURETTO s’est endormi, dans la paix totale du dernier sommeil ; DE CE SOMMEIL DONT NUL NE SE RÉVEILLE. Il nous quitte, À JAMAIS, au moment où le FRONT POPULAIRE IVOIRIEN, notre parti, traverse les moments les plus difficiles de sa jeune existence. Miaka part au moment où le PARTI a le plus besoin de ses cadres de la dimension du président Miaka pour enseigner aux jeunes générations les valeurs de justice, d’égalité, de liberté, de solidarité, et de dignité ; CES VALEURS qui fondent la pensée socialiste, et qui justifient la longue lutte que mène inlassablement DEPUIS PLUS DE QUARANTE ANS le Président Laurent Gbagbo.
Miaka nous quitte alors que le FPI, tel un navire solitaire dans une mer en furie, tangue à la recherche de rivages plus calmes.
A son Epouse, et à ses enfants, à sa famille biologique de Tchétali, au peuple Kouzié-Niaboua, aux filles et aux fils de la région de la Nawa je voudrais d’abord traduire le message de compassion du Président Gbagbo, qui est tenu informé de chaque instant du déroulement de ces obsèques.
A vous tous militants du FPI et démocrates de tous bords qui vous êtes mobilisés depuis l’annonce du décès, j’adresse de nouveau LES CONDOLÉANCES LES PLUS ATTRISTÉES DE TOUTE LA DIRECTION DU PARTI, AINSI QUE LES MIENNES PROPRES. Recevez nos REMERCIEMENTS SINCÈRES de vous être investis, personnellement et collectivement, dans l’organisation de ces obsèques. Dans l’épreuve que nous traversons, je vous engage à faire preuve de dépassement ET SURTOUT DE GRANDE SOLIDARITÉ.
Certes nous savions le président Miaka quelque peu souffrant dans sa peau, depuis un certain temps, comme bon nombre de nos camarades de lutte, du fait des sévices de tous ordres (surtout moral) À NOUS AUTRES imposés par le nouvel ordre qui s’est établi sur notre pays. Mais rien ne pouvait présager d’une fin si proche, si brutale. En effet, deux jours avant ce samedi 24 octobre fatidique, à l’occasion d’une rencontre de l’instance exécutive du parti, il nous gratifiait de ses analyses, dont lui seul a le secret.
Sa mort vient couronner une vie bien remplie, en ce qui concerne son engagement au service de ses frères et de la nation.
Que dire de cet engagement ? Que dire ?
Il est le juste aboutissement d’un destin qui inclina inexorablement L’HOMME à se mettre au service de ses frères, de son prochain, DE SA NATION. La vie de Miaka, en effet, est semblable à la belle histoire de l’orphelin de nos contes, qui réussit à renverser le cours de son existence, grâce au charme d’une baguette magique, offerte par un génie, pris de compassion.
Histoire vraisemblable, à la seule différence que pour Miaka, le merveilleux n’eût guère à intervenir. En effet, né d’une famille modeste (pauvre ?), à l’orée de la forêt de Taï, c’est au prix de beaucoup de souffrances et de mille efforts, soutenus par une intelligence personnelle hors du commun, et grâce aux sacrifices consentis par une mère dont il était le seul bien au monde, qu’il réussira à bâtir son destin : réussir à l’école pour gagner sa vie, afin d’aider sa mère, et surtout son clan, le peuple Kouzié dont il est issu, et qui peine jusque-là à voir un des siens accéder à la haute hiérarchie des cadres dirigeants, pour le sortir de l’anonymat dans lequel « Jupiter » semble l’avoir confiné depuis la création de ce monde.
Ses différents compagnons de classes témoignent unanimement d’un parcours sans faute : ce furent successivement l’école primaire de Soubré, le CEG et le lycée de Sassandra, puis l’Université d’Abidjan ; enfin l’université de Clermont Ferrant en FRANCE d’où il revient avec un Doctorat (3ème cycle) en Sciences Économiques.
Pari gagné donc pour le jeune SYLVAIN OURETTO MIAKA qui, le précieux sésame en poche va pouvoir enfin accéder à une position qui lui donnerait facilement la capacité de satisfaire ses ambitions. Il est recruté comme enseignant à la Faculté des Sciences Economiques de l’Université d’Abidjan, à la grande satisfaction de sa mère ET DE TOUS LES SIENS.
C’est alors qu’en 1990, comme pour tous ceux qui portent le signe des Grands Hommes, son destin va basculer véritablement, lorsque son chemin croisera celui de Laurent Gbagbo. Dès lors, son engagement initial qui était de sortir ses parents de la misère et son clan de l’anonymat, va très vite se muer en un engagement politique total, au service de sa nation.
Très vite, le jeune Miaka est remarqué par Laurent Gbagbo, alors Secrétaire Général du Front Populaire Ivoirien, qui lutte pour l’instauration de la Démocratie en Côte d’Ivoire. Il est appelé à ses côtés en tant que Chef de cabinet. A ce poste, il effectuera plusieurs missions, et apportera sa collaboration à plusieurs publications pour le compte du Front Populaire Ivoirien dans cette période mouvementée de multipartisme naissant.
LE SENS DU DEVOIR ET LE SÉRIEUX DANS LE TRAVAIL QUI CARACTÉRISENT CET ENSEIGNANT, LUI FERONT RAPIDEMENT GRAVIR LES ÉCHELONS, DANS LE PARTI DU LEADER CHARISMATIQUUE LAURENT GBAGBO. ON NOTERA SUCCINTEMENT LES ÉTAPES SUIVANTES :
Chapitres à développer avec des témoignages
En 1992 : crée et dirige la Fédération du Sud-ouest.
1996 : entre au Secrétariat Général
Juillet 2001 : SG, porte-parole du parti
Juillet 2011 – septembre 2013 : Président par intérim.
Son sens de la solidarité et du partage, ainsi que son amour pour ses parents, l’amèneront à s’investir dans le développement de sa région. Député de la circonscription de Buyo de 2000 à 2011, il sera sur la ligne de front pour le vote des lois sociales visant la Refondation de la Côte d’Ivoire dès janvier 2001. Il présida la Commission des Affaires Economiques et Financières de cette institution durant une décennie (avec les budgets sécurisé…).
Président du Conseil Général de Soubré d’août 2002 à 2012, plusieurs réalisations régionales sont à mettre à son actif tant au plan des infrastructures éducatives que des équipements socio-sanitaires.
Tout au long de cette vie publique, MIAKA se distinguera par ses qualités de travailleur acharné. A ce stade de la politique où se décide le sort des masses, et où l’on voit souvent naître les ambitions les plus démesurées, il incarnera la modestie au sens le plus large du terme ; la rigueur et l’honnêteté seront ses maîtres-mots, SANS QUE SOIT ABSENT LE MOINS POSSIBLE LE DON DE SOI QUI RESTE LA MARQUE DES GRANDS HOMMES.
Voilà l’homme que nous pleurons : Miaka Ouretto Sylvain ou « Glibo !» pour ses intimes. Un Homme qui est entré grandement dans l’histoire de notre pays, dont il a marqué la dernière décennie. Une grandeur qui est à rechercher dans le refoulement de son égo et de sa propre souffrance au profit de l’épanouissement des masses !
Il n’a jamais renié ses convictions. MIAKA n’est pas et ne peut être un renégat !
On le savait malade, mais lui se dépensait sans compter en énergie pour son parti, et ses largesses envers les militants dépassaient de loin celle des plus nantis. Il était d’une prodigalité exceptionnelle. Y a-t-il plus grand amour que de s’oublier soi-même pour aider les autres ?
Non, camarade Miaka ! Tu nous l’as appris.
Tu pars aujourd’hui, Camarade ! Le destin n’a pas voulu que tu participes, dans le calme du soir, au changement social que nous espérions dans la Refondation de notre société
Tu pars sans avoir connu la fin de l’impasse politique qui a conduit Laurent Gbagbo devant la CPI, UNE DÉPORTATION dont tu nous as laissé la ferme certitude d’un retour triomphal.
Alors, Va DONC en paix, avec le juste sentiment d’avoir activement contribué à la survie du F.P.I, ton parti et fait bouger les lignes de la démocratie en Côte d’Ivoire.
Les militants du F.P.I que nous sommes, te saurions reconnaissants et ton nom restera à jamais gravé en lettres d’or au rang des pionniers du Parti.
Puissent les nombreuses marques de sympathie de cette assistance (assemblée), apporter quelque adoucissement à la douleur de ton épouse, de tes enfants et de tes proches.
Mesdames et Messieurs, Chers parents, Camarades Militants !
Au nom du Président Gbagbo, Président du parti,
Au nom de tes compagnons de lutte,
Et en mon nom personnel,
Je t’adresse, à notre désormais ex-camarade SYLVAIN MIAKA OURETTO, notre suprême Adieu !
Repose en paix, CAMARADE, GRAND combattant !

AKOUN Laurent

 

10:41 Écrit par Lavane Murphy dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

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