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mercredi, 18 novembre 2015

Saint-Denis tiré du lit par le bruit des balles

Une opération de police de grande envergure a été menée ce mercredi à Saint-Denis, en Seine-Sait-Denis, tôt le matin, tirant les habitants du centre-ville de leur sommeil. Mohamed Abaaoud, soupçonné d'être le cerveau des attentats de Paris, était visé. Récit.

Il n'est pas 7h ce mercredi. Il fait encore nuit. De nombreux attroupements se forment à Saint-Denis. Une opération de policeest en cours en plein centre-ville depuis plus de deux heures, où des terroristes présumés sont encore retranchés dans un appartement, rue Corbillon. La préfecture conseille aux habitants de rester chez eux.  

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Mais, tirés du lit par des échanges nourris de coups de feu, beaucoup de riverains sont déjà dehors. "J'ai été réveillée en sursaut. J'ai regardé mon réveil, il était 4h23. Des coups de feu et détonations ont résonné de manière intense pendant une heure, après ça a été plus sporadique. C'était impressionnant le nombre de tirs différents que l'on a entendu et le du coup le nombre de munitions qu'ils devaient avoir. C'est très étrange d'être réveillée par ces coups de feu sans savoir ce qui se passe", confie Pascale, qui habite à deux rues de là. "De nombreux voisins étaient à leurs fenêtres. Des jeunes nous ont crié: 'n'y allez pas !'" 

Gwenaëlle habite place Jean-Jaurès, à côté de la rue Corbillon. Elle est sortie de chez elle avec son fils vers 5h, une demi-heure après le début des tirs, pour voir ce qu'il se passait. Depuis, frigorifiée, elle est bloquée à l'extérieur, devant la mairie. Le quartier est bouclé par un important dispositif policier. "On a vu les voisins de l'appartement de la prise d'otages être évacués, certains encore en pyjamas, en sous-vêtements", explique-t-elle. Des voisins pris ensuite en charge à la mairie, qui a ouvert ses portes au petit matin. 

Le maire prévenu par des riverains

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A Saint-Denis, le maire PCF de la ville Didier Paillard est sur le pont depuis l'aube. "Des riverains m'ont appelé vers 4h et m'ont dit avoir entendu des tirs, des rafales même, raconte-t-il à L'Express. Une demi-heure plus tard, j'étais sur place mais, je n'ai pas pu approcher, pour des raisons évidentes de sécurité. Après les tirs du matin, il y a eu une accalmie. Puis, vers 7h30, c'est reparti de plus belle." "Les premiers tirs m'ont réveillé!", explique à L'Express, Mathieu Hanotin, député PS du département qui habite à quelques centaines de mètres du lieu de l'intervention. 

L'élu s'est alors habillé avant de s'éloigner et de rejoindre les habitants, dans le périmètre de sécurité établi par les forces de l'ordre. Là, "une quinzaine de personnes, dont des enfants, ont été sorties de l'immeuble assailli par le Raid [...] et ont été prises en charge par la cellule psychologique [en mairie, NDLR]. Il n'y a aucun blessé parmi les habitants", assure au Parisien Stéphane Peu, le maire adjoint de la ville. En fin de matinée, "15 000 à 20 000" habitants du centre-ville se sont retrouvées confinées chez elles, jusqu'à la fin des opérations, autour de midi. "Je tiens à saluer le sang-froid des habitants de la ville", a déclaré dans la foulée Bernard Cazeneuve, le ministre de l'Intérieur. 

Les élus locaux "surpris" de voir le Raid

"Je suis très surpris de voir un tel assaut dans notre ville", explique le maire, qui était présent dans le Stade de France au moment des attaques vendredi. L'édile dresse un portrait sobre de sa cité, qu'il décrit comme "une ville monde, avec 130 nationalités différentes. Des gens modestes qui travaillent très dur". Un portrait qu'il veut très loin de l'image d'un repaire de terroristes. Même constat pour le député local, lui aussi "surpris de voir le Raid", qui tient à préciser qu'il s'agissait "de gens qui se sont fait une planque à Saint-Denis. Ce ne sont pas des habitants de la ville". 

Une affirmation qui semble être corroborée par les déclarations faites par l'homme qui a prêté l'appartement du 8 rue Corbillon, interpellé depuis, et qui assure devant la caméra de BFMTV avoir voulu "rendre service". Un individu connu des services de police selon L'Obs, qui a expliqué qu'un ami lui a demandé "d'héberger deux de ses potes pour quelques jours". "J'ai dit qu'il n'y avait pas de matelas, ils m'ont dit 'c'est pas grave', ils voulaient juste de l'eau et faire la prière. J'ai rappelé mon ami. Il m'a dit qu'ils venaient de Belgique [...] je n'étais pas au courant que c'était des terroristes." 

13:14 Écrit par Lavane Murphy dans Blog, Film | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

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