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vendredi, 06 novembre 2015

Côte d’Ivoire : Touré Zéguen prévoit des troubles après “la mascarade électorale”

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Touré Néhémie Zéguen est un leader politique ivoirien qui vit en exil depuis avril 2011. Ancien dirigeant de l’ex-Conareci, Président du Mouvement social panafricain pour le développement intégral (Mspdi) et Vice-président de la Coalition des Patriotes ivoiriens en exil (Copie).
Après un long silence, le converti au christianisme et rebaptisé Néhémie s’ouvre en exclusivité à vous. Tout y passe ! Interview.

Néhémie Zéguen Touré bonjour ! Quel moral après cinq années d’exil loin des siens ?

Merci de me donner cette occasion de parler aux Ivoiriens, nos compatriotes et aux Africains. Je suis en bonne santé et le moral est très haut, et il ne pouvait en être autrement malgré toutes les épreuves de la vie que nous traversons tous. En fait, nous, notre devoir est de donner le moral aux autres donc comprenez que mon moral est toujours haut surtout que l’ennemi du peuple continue toujours de sévir.

Le contexte politique, selon vous, n’a-t-il pas évolué et si oui dans quel sens ?

Oui le contexte a évolué, même si les hommes restent les hommes : Regardez vous-mêmes au plan local comme international : Une rébellion s’installe en 2002 dans notre pays, tuant les Ivoiriens, organisant des génocides dont celui du peuple Wê, violant, divisant le pays et pillant les richesses de la Côte d’Ivoire. Cette rébellion est installée au pouvoir le 11 avril 2011 par Sarkozy et son réseau. Entre temps, celui qui défendait la loi, la souveraineté et le peuple ivoirien, selon notre Constitution, est aujourd’hui à la Cpi pour des crimes non constitués et dont la Cour pénale internationale (Cpi) elle-même ne trouve pas de preuves suffisantes pour condamner leur otage qu’est le Président Laurent Gbagbo. Entre temps, au plan interne Ouattara a mis en place une mafia familiale qui pille et appauvrit les Ivoiriens au profit des étrangers, son clan et ses parrains comme Sarkozy.
En 5 ans de règne sans partage Ouattara, qui se sait dérivé d’une imposture, organise une élection illégale et illégitime sans concession et truquée d’avance avec une Cei et des organisateurs taillés à sa mesure ; toutes choses qui ont poussé les adversaires sérieux à se retirer et pousser les Ivoiriens à refuser de s’inscrire d’abord sur les listings électoraux et même ceux qui s’étaient inscrits ont refusé de retirer leurs cartes électorales. Au finish, le régime illégitime nous a servi une parodie électorale de plus 80 pour cent (80%) de taux d’abstention. Aujourd’hui les vrais déçus sont du camp Ouattara et Bédié qui l’accompagnent. Et plus qu’avant, la grande majorité est déterminée à en découdre avec le régime dictatorial et illégal qui s’en fiche de réconciliation, de paix, de cohésion sociale et d’unité nationale.
Ouattara continue de narguer, menacer et violenter les Ivoiriens, alors que nous avons déjà plus de 400 prisonniers politiques qui croupissent dans les goulags de ce régime impopulaire. Ce qui a aussi changé, c’est que à l’international, en Afrique comme partout, tous ont compris que les Ivoiriens n’ont jamais été xénophobes, et méchants contre les étrangers mais que c’est plutôt nous qui avons été victimes dune machination orchestrée par des réseaux. En somme, le terrain de notre lutte de libération et de souveraineté est devenu plus fertile et plus facile à défricher et chasser cet imposteur qui n’est même plus aimé, comme du temps de leur rébellion. Lui qui a voulu arrêter le processus de révolution démocratique en cours au Burkina Faso en soutenant le coup de force des Diendéré et consorts après le déclin de Blaise Compaoré. Je vous le dis tout a changé pour le mieux.

Pourquoi selon vous le régime Ouattara procède-t-il par des arrestations comme seule alternative ?

Comme je lai toujours dit, Ouattara se comporte comme le « criminel » qui, sachant qu’il est en faute répréhensible, et torturé par sa conscience, vit dans la peur permanente d’être arrêté ou mis hors d’état de nuire. Convaincu de son illégitimité, il pense vaincre par la seule terreur. Car ni ses fausses promesses et ses mensonges n’ont pu lui donner une assise nationale et une légitimité. Ouattara est pris dans une spirale qui va le broyer et c’est en ce moment que ses suiveurs comprendront qu’il court à sa mort certaine en faisant de la prison son unique moyen de gestion du peuple ivoirien en lutte.

On en déduit que le contexte politique n’a pas changé depuis ces années passées, crispé il reste toujours rythmé par les violations des droits humains par le régime Ouattara, quel autre commentaire en faites-vous ?

Le contexte politique interne s’est aggravé pour les libertés et il n’est pas différent pour nous mais il est aujourd’hui favorable aux combattants de la liberté qui sont compris de tous et soutenus de l’intérieur comme de l’extérieur. Par le passé, on nous accusait à tord de tous les noms d’oiseaux alors qu’aujourd’hui en Afrique comme en Europe, Ouattara s’est de plus en plus isolé, il est devenu fragile et il risque de tomber comme une mangue pourrie au premier vent venu. Mon commentaire va à l’ endroit des Ivoiriens qui ont tout perdu comme bien matériels, richesses, parents et personnes chères. Je leur demande de garder le moral, la foi et la dignité. Car avec la détermination nous déplaceront toutes les montagnes devant nous. Je sais qu’avec Dieu il est recommandé dans le Coran et la Bible que chaque peuple a obligation de défendre sa terre au prix de tous les sacrifices. Baisser les bras face aux crimes de Ouattara est une lâcheté, un péché inadmissible. D’ailleurs notre victoire n’est pas loin. Regardons Sarkozy, Abdoulaye Wade, Goodluck Jonathan, Blaise Compaoré qui sont tous tombés. Ouattara tombera si nous continuons ainsi comme nous avons maintenu la pression partout de l’intérieur comme de l’extérieur.

L’élection présidentielle est terminée, selon vous le Fpi de Laurent Gbagbo est-il sur la bonne trajectoire pour n’avoir pas présenté de candidature ?

Oui pour moi cette élection n’en était pas une. Ouattara le joueur arbitre, entraineur commissaire au match ne pouvait que gagner. Et puisque le Fpi n’est pas un groupe armé comme les Frci ou le Rdr alors l’unique moyen de pression et de lutte démocratique était le boycott et l’abstention qui pour nous et l’opinion international ont été un franc succès. Car en vérité depuis le mot d’ordre de boycott des recensements électoraux, en passant par le boycott des votes avec les bureaux de vote vides, la communauté internationale, avec leur Cpi en premier lieu, sait maintenant plus qu’avant que c’est Laurent Gbagbo le vrai vainqueur des élections de 2011 et donc le contentieux demeure entier. Je voudrais ici vraiment féliciter tous les camardes du parti, de la base à la haute direction qui sont restés fermes, dignes et conséquents jusqu’au bout. Je les vois comme les dirigeants de l’Anc qui sont restés dignes pendant les 30 ans de prison de Nelson Mandela. Mais déjà au bout de 5 ans le monde entier nous a compris et donc il ne nous reste plus qu’à chasser l’imposture et plus personne ne nous empêchera grâce à la clairvoyance et la lucidité du Fpi.

Le mot d’ordre de boycott de l’élection lancé par la direction du Fpi et de la Cnc était donc opportun ?

Quand on ne veut pas, on dit non, c’est la règle de la vie. Quand c’est mauvais en politique on dénonce. La politique se fait pour le peuple et les militants. Et lorsque les conditions de transparences ne sont pas réunies, les dirigeants qui se font complices sont des traitres et des égoïstes qui sont toujours vomis au finish. Les Ivoiriens sont fiers aujourd’hui d’avoir exposé Ouattara qui est allé à une élection où il joue tout seul tous les rôles de joueurs, arbitre, entraineur. Aujourd’hui demander à ceux qui ont accompagné le candidat illégitime et illégal du Rdr et vous comprendrez leurs amertumes maintenant qu’il commence à les narguer encore. Souvenons-nous que seul Gbagbo avait fait de Ouattara un candidat exceptionnel pour seulement les élections de 2010 et si Ouattara était inéligible en 2015 il était tout à fait normal pour lui qu’il tente, comme toujours, un coup de force. Donc la faute était de vouloir l’accompagner coûte que coûte et la logique était du camp de ceux qui ont boycotté.
Merci donc au Fpi et à la Cnc (Coalition nationale pour le changement) qui seront très bientôt suivis, compris et récompensés par le peuple de Côte d’Ivoire qui va parachever son combat. Aujourd’hui dans toutes les diplomaties, dans les officines tous ont vu l’impopularité d’Alassane Ouattara en Côte d’Ivoire. Et pour les Ivoiriens il ne nous reste plus qu’à nous unir avec tous nos amis et frères nationaux et étrangers qui savent que Ouattara se moque de tous et n’a aucune volonté d’apaisement pour pacifier ce pays. Sinon il aurait eu une autre attitude et des discours nouveaux. Il y a les preuves aujourd’hui par ce boycott que Laurent Gbagbo doit être libérer. Sinon ce sera la catastrophe très bientôt dans ce pays car personne ne peut encore en vouloir au peuple de se révolter comme les burkinabés l’ont fait. Je remercie aussi toutes les forces syndicales, sociales qui se sont solidarisées avec le peuple en interpellant le régime de l’imposture avant cette mascarade car tôt ou tard leurs avertissements seront les preuves de la chute imminente de ce régime. Avec ces parodies électorales qui consacrent son illégitimité en Côte d’Ivoire, ce régime vient de sceller son arrêt de mort.

Comment expliquez-vous 83,66% de voix qu’aurait obtenue Alassane Ouattara à l’issue de cette élection ?

Ouattara a bourré les urnes, Ouattara était juge et arbitre. Ouattara sort d’un désert électoral dont les différents chiffres avancés et dénoncés par eux-mêmes donnent la mesure de la fraude et du tripatouillage dans lesquels ils se sont embourbés. Ouattara lui-même sait que personne ne croit en ses chiffres et cela ne lui confère aucune légitimité à ses propres yeux et aux yeux des Ivoiriens qui le connaissent déjà assez.

Pour les taux de participation trois (3) différents chiffres ont été communiqués comment cela peut-il s’expliquer ?

Je vous jure que si on veut s’en tenir à leur cinéma électoral, je ne sais pas si le taux de participation est de 60, 50 , 20 ou 17 pour cent et quand je vois leurs propres contradictions dans la manière de donner les résultats je ne suis pas surpris qu’on fasse tout une fête pour célébrer 83,66% de 15% de taux de participation qui est en réalité le cinglant verdict des urnes. Je ne connais pas en Afrique de politicien plus falsificateur que Ouattara. Et je ne suis pas surpris de ses prouesses depuis les surfacturations et les privatisations fantaisistes en passant par les endettements abusifs dont il s’est fait maitre depuis les bureaux du Fmi du temps de leur opacité constatable des années 1980 et 1990. Ouattara est né dans l’école de la falsification des chiffres et du mensonge et cela me fait rire car nous avons assez pleuré. Le temps est venu de le chasser de notre pays. Mais ce qui me plait c’est que ce prestidigitateur sera anéanti par ses propres commanditaires car il en sait trop et ne fait plus l’affaire de ceux qui l’ont envoyé. Il n’arrive même pas à faire oublier Gbagbo, ne finit pas de leur vendre le pays et n’arrive pas à faire taire les Ivoiriens. Au contraire il suscite une nouvelle révolte générale. Les différents chiffres révisés et travestis de Ouattara durant ce simulacre de vote montrent l’ampleur du drame qu’il vit et qui le fera couler bientôt.

Devrait-on s’attarder sur le cas Affi N’Guessan, si oui quelle analyse faites-vous de sa candidature et le score qui en découle : 9,29%

Oui on doit quand même s’y attarder. Durant leurs campagnes et depuis le début de la crise interne au Fpi j’ai toujours été parmi ceux qui ont pensé que Affi (Ndlr N’Guessan) se trompait de bonne foi au départ même si j’étais surpris que subitement il cite Hollande et autres qui lui avait promis monts et merveilles. J’étais parmi ceux qui avaient entendu parler du passage de Bolloré et Bouygues à la fenêtre de l’ex président du Fpi. Mais en pensant à nos camarades qui sont de bonne foi et qui croyaient naïvement que la politique de soumission d’Affi serait payante, je me suis toujours abstenu d’être virulent contre sa personne en ne voulant pas que nos camarades y voient un problème de personne.
Jai toujours cru que l’homme apprend mieux de ses propres erreurs mieux que tout. Et aujourd’hui je suis à l’aise pour dire aux camarades militants qu’Affi s’est trompé et doit avoir l’humilité de revenir à la maison malgré tous les tords causés. Car je sais que des gens qui le suivent font des promesses farfelues à des exilés sous prétexte que Ouattara donnera des postes ministériels à Pascal Affi N’Guessan et qu’eux aussi vont améliorer la vie de nos frères exilés une fois qu’ils seront appelés à ces postes de la honte et de la traitrise. Oh honte ! Je sais qu’Affi a échoué et qu’il a commis beaucoup de fautes et de tords au parti. J’invite tous nos amis militants, nos compagnons panafricains, travailleurs combattants de la liberté à l’oublier et à le considérer comme une perte, un gâchis et une feuille morte juste bonne pour la poubelle.
Dans notre jeune histoire on aura déjà tout vu. Et le cas Affi, sans rentrer dans les détails, nous permet tous d’apprendre encore des hommes dans leurs attitudes insondables. Si Affi ne reconnaît pas qu’il s’est trompé, le peuple doit savoir que par ce taux d’abstention il a tout fait pour raisonner Affi. Tirons les leçons de toutes les impostures, restons attachés au Fpi et au Président Laurent Gbagbo. Restons surtout attachés à notre idéal de lutte pour notre souveraineté, notre liberté, la démocratie et la prospérité des Ivoiriens. Rien ne se quémande ou ne s’octroie dans cet idéal. Mais au contraire tout s’arrache de haute lutte : donc luttons pour ne pas que nos morts, nos victimes disparues et vivantes ne le soient en vain. Je voudrais qu’on accorde une porte de sortie ou d’entrée à nos camarades qui ont fait cette aventure avec Affi. Et le choix leur appartient. Et comme on le dit si bien : le Fpi avec Laurent Gbagbo on est devant et on ira jusqu’au bout.

A peine sa supposée victoire déclarée par la Cei, qu’Alasane Ouattara s’est fendu dans des déclarations injurieuses contre ses adversaires politiques. Faut-il s’attendre à un durcissement de ton entre Pouvoir et Opposition ?

C’est normal et pas du tout surprenant et c’est bien à Affi Nguessan que ce non élu s’adresse en premier. Ouattara qui n’a tenu promesse aux cadres du Pdci-Rda sauf a Bédié ne veut pas remercier les nouveaux alliés qui l’ont accompagné. Ouattara ne tient jamais paroles et on se souvient tous de ses pluies de milliards qui sont devenues une sécheresse honteuse dans le panier de la ménagère ivoirienne. Allez-y donc comprendre comment il fonctionne. Simplement les Ivoiriens qui le suivent par ignorance sont tous aussi victimes que nous qui le haïssons comme la peste depuis le début. Quant à nous, franchement je le redis encore c’est dans l’adversité que le Fpi se montre redoutable. C’est dans la lutte que les patriotes ivoiriens de tous les bords comprennent la nécessité de se dresser comme un seul homme contre ce monsieur qui abuse de tous. Donc si Ouattara durcit le ton j’en suis vraiment heureux car on n’attendait pas mieux de lui. Et je l’ai toujours cru depuis que je suis en exil, Ouattara n’a rien fait pour plaire aux Ivoiriens depuis qu’il est au pouvoir et nous allons le lui rendre au quintuple. Nous allons nous libérer de l’exil, des tortures, des arrogances de ce monsieur et de ses prisons et donner un nouveau départ à notre pays dans le concert des nations. Et nous ne sommes pas seuls, Dieu merci. Ouattara ne nous aime pas en tant que peuple ivoirien, nous non plus. La joie et la paix seront , notre partage après notre libération à tous, du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest et sans distinction de partis politiques et de religions, d’ethnies : car Ouattara est notre ennemi à tous.

Avec les emprisonnements en cascade, l’on a le sentiment que le parti de Laurent Gbagbo est désormais aux pieds d’Alassane Ouattara lequel d’ailleurs a décidé de le ”vider de sa substance”. Pensez-vous que ce dernier a réellement les capacités de décapiter un parti comme le Fpi et de le réduire au silence ?

Laissez-moi rire à gorge déployée. Ouattara est ”fou” et son médicament sera le Fpi. Le médecin c’est Laurent Gbagbo et je vous invite tous à regarder ce défi historique que nous allons relever tôt ou tard. Un tel homme ne peut jamais venir dans notre pays et prétendre vider le Fpi de sa substance. Lui qui n’a aucune légitimité, ou de substance, qui n’a aucun scrupule. Chez nous en mahouka (langue de nord-ouest ivoirien) il y’a un bout de phrase qu’on dit généralement de ceux qui s’ignorent et c’est : Hum celui la, il ne se connait pas hein ! En effet ce non élu qui s’ignore totalement et ne sait pas que le jour de sa fin approche en Côte d’Ivoire. Je réaffirme que nos parents en prisons sortiront et nos exilés retourneront au pays dans la dignité quand nous aurons libéré ce pays et débarrassées nos contrées des serpents et scorpions qui nous piquent chaque jour sous ce régime du rattrapage et de la haine. Simone Gbagbo, le Général Dogbo Blé, les commandants Abéhi, Seka Seka, Koua Justin, Dahi Nestor, Sangaré Aboudramane, Lida Kouassi, Emile Guiriéoulou, Damana Pickass, Koné Katinan, Ahoua Don Mello, Stéphane Kipré, Fofana Issouf, Idriss Ouattara, Dosso Charles , Pasteur Gamy et bien d’autres dignes exilés politiques, nos frères et sœurs les centaines de prisonniers anonymes dispersés à travers les prisons au pays et à l’étranger, ces milliers d’exilés au Liberia, au Ghana et partout en Afrique comme en Europe en plus du peuple Ivoirien : sont la substance du Fpi de Laurent Gbagbo.
Ouattara veut se suicider et je l’encourage fortement car il mourra de sa belle mort comme un moustique. Quoi qu’il fasse Ouattara n’échappera pas à son destin et son cœur qui s’endurcit le conduira à sa belle mort politique et demain on dira qu’il était une fois un homme qui était venu s’emparer de notre pays et il s’est tragiquement retiré car il voulait ”vider le Fpi de sa substance”. Que Ouattara n’oublie pas que les milliers d’Ivoiriens morts comme les victimes du génocide Wê de Duékoué, Guitrozon et Nahibly ne sont pas morts pour rien : Les Ivoiriens sont prêts pour relever ce défi qu’il a déjà perdu…

Ne pensez-vous pas que les pressions diplomatiques contre le régime Ouattara ont montré leurs limites dans le processus de démocratisation de la Côte d’Ivoire tel que voulu par le Fpi ?

Non je ne pense pas car, pour moi la lutte se mène en tenant compte des leviers en mains et des temps. Le Fpi n’a jamais dit que nous luttons seulement avec les pressions diplomatiques et personne ne nous prendrait au sérieux si cela était notre pensée profonde. Les pressions diplomatiques n’ont de contenue que par notre mobilisation permanente et nous devons toujours savoir que les pressions diplomatiques ne se substituent jamais au combat du peuple sur le terrain. Regardons bien et sachons qu’en fonction de la nature du terrain et des temps, la lutte doit prendre différentes forces et formes et ce sont ces éléments qui concourent à la victoire qui en elle-même ne se donne jamais mais s’arrache. Ce qui se passe en ce moment est que lorsqu’on n’a pas encore gagné, certains ont l’impression que nous faisons de l’immobilisme ou que nous reculons. Pourtant le combat du Fpi avance bien et notre communication et notre diplomatie sont des atouts qui ont donné un écho à notre politique sur le terrain.
Pour parachever ce combat retenons tous que les prochaines actions des terrains vont nous donner la victoire et vous verrez que la diplomatie se mettra automatiquement à notre service totalement et les gens oublieront que nous venons de loin et que nous avons tant souffert pour avoir cette terre promise d’Eburnie qui est aujourd’hui occupée par les intérêts étrangers. Je m’en vais vous dire que ce combat n’est pas que Fpi. Et c’est pourquoi vous avez entendu récemment parler de notre conclave d’Accra. Oui à Accra nous avons analysée la situation de notre pays et demandé de rassembler toutes les forces vives de la diaspora autour d’un certains nombre de structures sociales, patriotiques et politiques ; de personnes physiques et idéaux, en vue de créer une plate forme nouvelle d’actions concertées à mettre au crédit de la Copie et de l’Ung que je félicite au passage. Et je vous le promets, bientôt avec les camarades Damana Piackass et Stéphane Kipré comme inspirateurs de cette nouvelle initiative de liberté et de démocratisation, nous allons donner un autre souffle à notre combat. La lutte sur le terrain est multiforme et la communication, la diplomatie, les marches et les boycotts comme les désobéissances civiles sont tous des éléments du même combat que nous dérouleront bientôt en synergie, pour la victoire de la Côte d’Ivoire digne.

Le Conseil constitutionnel a validé ”l’élection” d’Alassane Ouattara mais fait curieux il a aussi confirmé les trois chiffres de taux de participation : 60%, 54,63% et 52% que répondez-vous ?

Je suis triste car le ridicule de ce régime finira par nous enlever vraiment notre crédit et notre honneur tellement ils sont risibles. Même au cirque on ne s’y prendrait pas mieux. Franchement tout ce que fait Ouattara est le symbole que la Côte d’Ivoire est tombée trop bas et heureusement tout le monde sait que ce sont des imposteurs étrangers qui sont en mission pour nous humilier et balafrer notre dignité et notre identité : Je dis à tous les Ivoiriens et à la communauté Internationale de pardonner ce régime ténébreux car ils ne sont pas des nôtres et sont simplement devenus fous de leurs impostures. Tout ce que Ouattara fait n’est pas Ivoirien et n’est que accidentel et passager car tout sera rectifié en son temps.
Un mandat présidentiel dure 5 ans en Côte d’Ivoire. Un temps que redoutent les populations. Celles-ci craignent en effet, que leur situation ne devienne pire sous ce régime décrié pour sa dictature.

Contrairement à cette opinion dominante pensez-vous qu’il y a encore de l’espoir pour ce pays et son peuple ?

Tout ce qui s’obtient après de durs combats s’apprécie à sa juste valeur. Nous les Ivoiriens nous nous sommes beaucoup amusés et avons cru que tout était acquis ou facile. Et avons laissé notre pays occupé par un imposteur qui est si envieux. Si bien qu’il continue de nous martyriser dans ses goulags pour qu’on se réveille enfin et qu’on se réapproprie nos terres et nos biens que nous ont légués nos ancêtres. Après cette mascarade, vous verrez que nous sommes dorénavant le dos au mur et le fait que chacun sache que 5 ans encore sous les fusils, les arrogances et les frustrations de cet illégitime pouvoir sont impossible à supporter représente les signes et le ferment de notre détermination future car seule la lutte acharnée reste l’option ultime. Nous savons tous que si Ouattara fait encore 5 ans au pouvoir c’est la mort pour nous tous et nous deviendrons tous étrangers et apatrides chez nous sur la terre de nos ancêtres. Non je ne dirai pas plus je sais que Ouattara ne peut demeurer ainsi sans révolte populaire, sans désobéissance civile et tout autre forme de libération : Ouattara le sait sauf que comme vous et moi, nous ignorons comment et quand cela va arriver. La lutte continue et elle seule nous situera. Mais l’espoir est grand et même très grand.

L’exil pour vous après cinq ans, c’est quoi ?

L'exil pour moi et mes camarades c’est apprendre à connaitre mieux l’homme, notre pays et notre contient africain. Après 5 ans c’est beaucoup de leçons et de mea culpa car si j’avais à recommencer par exemple je ne laisserais jamais notre peuple aller à des élections alors que les Frci étaient armes. Et si jetais décideur et écouté j’aurais empêché Ouattara de revenir dans notre pays pendant le forum de réconciliation de 2001 organisé par le Président Laurent Gbagbo. Pendant ce forum j’avais prévenu dans mon intervention et on me prenait pour un fou ou un va-t-en guerre. 5 ans après je continue de réfléchir aux choix des régimes les plus démocratiques et les plus fédérateurs dont l’Afrique a besoin. Après 5 ans c’est plus de maturité et de force dans la conviction du combat patriotique et panafricain. Après 5 ans c’est Dieu et la foi en Jésus Christ qui me donnent une nouvelle force pour ne plus faire de concessions face aux imposteurs, aux criminels et autres fossoyeurs adeptes du faux et de l’exploitation de notre Afrique au profit des intérêts ultra libéraux impérialistes. Après 5 ans je vois l’avenir de notre Côte d’Ivoire entièrement lié avec celui du continent comme commencé par Kwame Nkrumah et tous nos devanciers, dans la droiture, la justice, la dignité, l’humilité et la crainte de Dieu.

Quels sont vos chantiers à l’heure actuelle ?

Je suis en laboratoire avec les camarades de la plate forme depuis notre conclave d’Accra pour rendre disponible tous les éléments fondateurs de cette plate forme d’action que nous avons décidé de mettre en place depuis la diaspora. Nous avons promis à tous nos camarades de lutte que très bientôt nous leur feront parvenir les documents fondamentaux de cette nouvelle structure de combat qui va fédérer nos efforts dans la diaspora et au pays. Avec les camarades, Dosso Charles Rodel Stéphane Kipré et Damana Pickass, Fofana Youssef, et tous les autres qui n’ont pas pu faire le déplacement du 18 octobre dernier, nous allons bientôt adopter notre charte et ouvrir les prochaines batailles politiques, diplomatiques, communicationnelles et autres contre ce régime impopulaire de Ouattara tout en réclamant la libération de notre président Sem Laurent Gbagbo et les autres illustres et anonymes compagnons de lutte embastillés. Unité et détermination sont désormais notre crédo. Pour le reste sachez que nous ne dormirons et que l’heure a sonné pour notre génération de nous assumer ou périr. J’invite tous à nous faire confiance car nous ne sommes pas lâches ou irresponsables. Ensemble nous vaincrons et dispersés nous sommes morts. Allons-y ensemble !

Merci Néhémie Zéguen Touré pour cet entretien

C’est plutôt moi qui vous remercie.

Interview réalisée par Simplice ALLARD

Source: Afrikanews

 

11:17 Écrit par Lavane Murphy dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

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