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jeudi, 22 octobre 2015

Côte d'Ivoire: DRAMANE OUATTARA N’EST PAS LE GÉNÉRAL GUÉÏ ROBERT BANNY, KKB, AFFI NE SONT PAS LAURENT GBAGBO

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Le Général Guéï Robert fut démis de ses fonctions par Bédié parce qu’il refusa d’envoyer l’armée contre les groupes d’opposition muselés. Le 24 décembre 1999, les soldats révoltés le portèrent à la tête d’un Comité national de salut public, à la suite d’une tentative du président Henri Konan Bédié de se maintenir au pouvoir par une réforme constitutionnelle. Le Général organisa, comme promis, des élections dans les meilleurs délais, à moins d’un an, le 26 octobre 2000, cependant le climat de terreur qui régnait poussa certains candidats à douter légitimement de leur crédibilité. Le maintien de la candidature du leader du FPI, Laurent Gbagbo, fut perçu par tous, comme une sorte de bravade envers le régime militaire autoritaire, or les grands génies politiques, comme le Général de Gaulle, Houphouët Boigny, Nelson Mandela, ont la faculté de lire, à travers les faits politiques, les signes du changement. L’organisation des élections mise sur pied par le Général ne permettait pas, en fait, contrairement à celle de la CEI de Youssouf Bakayoko, une fraude massive, grâce au travail remarquable abattu par Honoré Guié à la tête de la CNE (la Commission nationale électorale), qui comprenait des représentants des cinq candidats en lice. Le mode de scrutin comportait un seul bulletin de vote et permettait la présence de représentants de chaque candidat auxquels était remis un procès-verbal détaillé à l’issue du dépouillement, dans chaque bureau de vote. Chaque camp pouvait, par conséquent, centraliser les résultats, en prendre connaissance à l’échelle nationale bien avant la proclamation officielle des résultats. La CNE était la lueur qui brillait dans les ténèbres du régime autoritaire du Général Guéï que le leader politique Gbagbo avait su entrevoir. Il ne pouvait vaincre le Général, prêt à manipuler les résultats des élections, qu’en s’assurant le soutien indéfectible du peuple ivoirien, des membres du FPI. Ce fut chose faite, à l’annonce des premiers résultats par Honoré Guié qui confirma sur les antennes nationales l’avance de Gbagbo sur le Général Gueï (51% contre 40), des soldats mécontents, débranchèrent les ordinateurs, mais vaines furent leurs tentatives de manipuler les chiffres. A l’appel de l’intrépide leader du FPI les populations ivoiriennes se déversèrent dans les rues pour confirmer sa victoire sur le Général. Pourquoi donc le défunt Général prétendait-il avoir été roulé dans la farine par le leader du FPI après avoir été battu, de manière démocratique, par ce dernier? Guéï faisait allusion à une stratégie commune pour préserver l’intégrité territoriale de la Côte d’Ivoire face à un péril certain. Konan Bédié, le Général Guéï, puis Gbagbo, en quête du pouvoir d’État, avaient, en fait, un objectif commun ; préserver la nation ivoirienne des ambitions politiques désastreuses de Dramane Ouattara imposé par la Haute Finance à Houphouët Boigny et à notre pays, dans le but de saper les bases de sa croissance fulgurante, de peur d’être pour les pays africains un modèle de développement qui conforterait leurs aspirations souverainistes. Le 7 novembre 1990 Dramane devient le premier ministre du « Vieux », un après son arrivée, en 1991, apparaît la première version de la Charte du Nord. Dans un débat télévisé de 1992, Dramane Ouattara évoque les frontières de la Côte d’Ivoire supposées s’étendre au-delà des villes du Nord comme Bouna, bien avant l’accession de Bédié à la magistrature suprême et la naissance du concept de l’ivoirité. Et pourtant les rebelles de Soro favorables au projet de Dramane Ouattara dévoilé dans la Charte du Nord publié en 1991 prétendent avoir pris les armes pour lutter contre l’ivoirité (pure démagogie). Bédié a jugé bon de combattre le péril Dramane Ouattara, d’un point de vue juridique, en contestant légalement sa nationalité ivoirienne. Le Général lui emboîta le pas, révisa la Constitution ivoirienne par voie référendaire le 1er août 2000, avec la collaboration du RDR, le parti politique de Dramane Ouattara. Il abolit la
peine de mort, mais tint à conserver le pouvoir d’État pour apporter une solution militaire à l’équation politique Dramane Ouattara, là où le président Gbagbo suggérait une solution politique. Il va donc de soi que le Général se soit senti « roulé dans la farine », d’où le terme de « boulanger » attribué au président Gbagbo, terme qui dévoile la position politique du leader du FPI opposé à tout usage de la force. Rien dans les faits n’opposait donc véritablement le président Gbagbo à Guéï Robert pour souhaiter son assassinat, celui de son épouse et de ses enfants. Ceux qui ont assassiné le 19 septembre 2002 le Général, son épouse et ses enfants ne peuvent qu’être les commanditaires de l’assassinat de son ancien conseiller spécial ; le Docteur Balla Kéïta le 1er août 2002 à la veille du coup d’état de 2002 puisque ces deux autorités étaient au coeur d’opérations secrètes qu’ils ne partageaient pas. Le Général Guéï n’était pas, certes, une personne parfaite mais il était un véritable soldat au service de la Patrie ivoirienne à laquelle il est resté fidèle, sinon il ne serait pas mort. Face au peuple ivoirien révolté et soutenu par une partie de l’armée ivoirienne il a été contraint de reconnaître la victoire de Laurent Gbagbo, qui a dévoilé, à son tour, sa solution politique à la crise politico-militaire suscitée au Nord de notre pays, en permettant à Dramane Ouattara d’être candidat aux élections présidentielles de 2010, de manière exceptionnelle et ponctuelle. Dramane Ouattara se servira de cette perche politique pour intenter en 2010 un coup d’État contre « son bienfaiteur » Gbagbo. Candidat aux élections présidentielles de 2015, en violation de l’article 35 de la Constitution ivoirienne, et des dispositions prises par le président Gbagbo, il portera à la tête de la CEI Youssouf Bakayoko, en violation du Code électoral. Dramane Ouattara démontre ainsi qu’il n’est pas semblable à Guéï (l’Ivoirien) même si les deux hommes sont arrivés au pouvoir après un putsch. Le premier (le Général, un Ivoirien) consolide la Constitution ivoirienne, le second (Dramane) la bafoue et instaure indirectement la peine de mort en assassinant les opposants dont Désirée Tagro. La Commission électorale dite indépendante et le Conseil Constitutionnel imposeront systématiquement la volonté de Dramane Ouattara aux Ivoiriens le 25 Octobre 2015. Le peuple ivoirien n’a pas, cette fois-ci, à affronter des soldats identiques à ceux du Général mais des milices de Dramane prêtes à en découdre avec les démocrates ivoiriens parce qu’elles ont le dos au mur. Leurs principaux leaders politiques ou militaires veulent échapper à des poursuites judiciaires ; Soro Guillaume, Blaise Compaoré, les éléments du RSP (les soldats de Compaoré)… tous se sont réfugiés en Côte d’Ivoire pour échapper à la justice burkinabé ou à la Cour pénale internationale. Il leur faut de gré ou de force installer Dramane Ouattara à la tête de la Côte d’Ivoire parce qu’il demeure leur « bouclier politique ». Le président Gbagbo, ce grand génie politique, refuse d’avoir son nom associé à ces élections truquées d’avance parce qu’il sait qu’il n’existe aucune lueur d’espoir à l’horizon. Que les candidats à ces élections qui ont choisi de prendre Dramane en flagrant délit « de vol » sachent s’arrêter à temps pour ne pas mettre en péril la vie de leurs militants et des Ivoiriens. Les militants de base du PDCI-RDA sont, dans leur grande majorité, du monde agricole. Qu’ils ne permettent pas donc que Dramane Ouattara et ses milices transforment ces élections en des conflits fonciers, en les attaquant, car Dramane Ouattara n’est pas le Général Guéï, Banny et KKB se sont trompés une première fois sur le compte de Dramane Ouattara qui les a tournés en bourriques, en ne respectant pas ses promesses. Qu’ils ne se laissent pas bernés une seconde fois. Le régime de Dramane Ouattara est appelé à s’écrouler avant le 25 octobre ou tout juste après son passage en force parce que notre pays sera le théâtre d’un conflit fratricide entre démocrates burkinabé et partisans de Blaise Compaoré, de Diendéré, de Djibril Bassolé toujours prêts à déstabiliser leur pays. L’attitude ambigüe de François Hollande vis-à-vis de Sassou N’Guesso qui serait, selon lui, libre de consulter son peuple par voie référendaire, à partir de listes truquées d’avance, laisse à désirer, et nous invite à comprendre que nous n’avons pas à compter sur la France
pour conquérir notre liberté. Les dictateurs africains ont carte blanche pour agir, comme bon leur semble, s’ils échouent à leur tentative de se maintenir au pouvoir la France s’en lave les mains. S’ils réussissent un passage en force comme en Guinée Conakry, ils bénéficient du soutien politique de la métropole. Que les candidats ivoiriens aux élections présidentielles évitent de cautionner des chiffres truqués d’avance, car personne n’aura le droit de contester les résultats des élections ; Affi N’Guessan a déjà pris cet engagement qui s’imposera à tous. Qu’ils ne se bercent pas d’illusions en croyant rééditer l’exploit de Gbagbo face à Guéï puisque Dramane Ouattara n’est pas Guéï et ils n’ont pas l’aura de Gbagbo..

Une contribution par Isaac Pierre BANGORET (Écrivain)

 

15:37 Écrit par Lavane Murphy dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

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