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jeudi, 06 août 2015

Présidentielle 2015: Dramane Ouattara inéligible prépare un bain de sang: Le déploiement des forces spéciales a commencé. Un Conseil militaire tenu à la présidence

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Selon notre confrère Jeune Afrique, Abidjan a entrepris dans la plus grande discrétion, à Olodio, dans le sud-ouest du pays, la construction d'une caserne qui abritera les forces spéciales formées au Maroc, en Chine, aux États-Unis et en Égypte.

Plus d’une centaine d’hommes y seront positionnés. Commandée par le colonel Lacina Doumbia, cette unité d’élite rompue au combat en milieu hostile a été créée en 2011 par le président Alassane Ouattara. Officiellement, Alassane Ouattara veut prémunir son pays contre les attaques et autres actions de déstabilisation venues du Liberia, où l’autorité de l’État n’a pas encore été totalement restaurée.
Mais selon une source sécuritaire extrêmement crédible, le but de ces forces spéciales, surarmées et surentrainées est de réprimer dans le sang, toute contestation de la candidature d'Alassane Ouattara à l'élection présidentielle de 2015, laquelle s'annonce comme l'élection de tous les dangers.
En effet, le chef de l'Etat ivoirien est inéligible selon l'article 35 de la constitution, une constitution votée en l'An 2000 par référendum à plus de 86%, y compris par le RDR d'Alassane Ouattara.
En 2010, suivant les accords de paix de Marcoussis, de Ouagadougou, et de Pretoria, le Président Laurent Gbagbo avait dû faire usage de l'article 48 de la Constitution pour faire de Ouattara, un candidat exceptionnel pour la seule élection présidentielle de 2010. En avaient été bénéficiaires, outre l'actuel chef de l'Etat, Henri Konan Bedié, alors dépassé par la limite d'âge constitutionnelle.
Alassane Ouattara aurait dû faire modifier l'article 35 par un référendum une fois arrivé au pouvoir. Il ne l'a pas fait pourtant il avait cinq ans pour le faire comme il s'y était d'ailleurs engagé.
Aujourd'hui, la question de son inéligibilité se pose avec acuité. Lui-même ne le nie pas d'ailleurs, puisqu'il a voulu modifier la constitution par voie parlementaire, avant de battre en retraite devant la levée de boucliers. Il a ensuite essayé d'utiliser l'article 48 comme jurisprudence. Là encore peine perdue. Le Président Thabo M'beki, ex-médiateur des accords de Pretoria en visite à Abidjan au mois de mars dernier, le lui a formellement déconseillé car les conditions de partition du pays en 2010 ne sont plus celles de 2015. Le pays n'étant plus en guerre, l'armée de nouveau réunifiée, la paix revenue, et le pays lorgnant vers l'émergence en 2020, aux dires mêmes de Ouattara. L'utilisation de l'article 48 ne se justifie donc plus.
Malgré cela, le chef de l'Etat ivoirien s'entête à poser sa candidature alors que l'opposition s'y oppose farouchement, et a d'ailleurs appelé à lui faire barrage par tous les moyens légaux.
Le comité central du front populaire ivoirien de Laurent Gbagbo, réuni le 01 août à Abidjan, l'a déclaré inéligible à l'élection présidentielle et appelé le peuple à s'opposer par tous les moyens légaux à sa candidature, qu'elle a d'ailleurs qualifiée d'imposture.

C'est donc dans cette ambiance de passage en force, que le déploiement dans la plus grande discrétion des forces spéciales vient de s'effectuer à Olodio, dans le sud-ouest du pays. Un conseil militaire s'est d'ailleurs tenu à la présidence de la République récemment et dans la plus grande discrétion. Dans quel but?
Pour l'opposition, c'est clair. Tout est en place pour opérer un passage et faire de nouveau couler le sang des ivoiriens. Avec à la clé, des milliers de morts, comme en 2010. Elle n'entend d'ailleurs pas se laisser faire ni intimider, campant sur ses positions avec fermeté.
Par ailleurs, le péril jihadiste Ansar Dine un moment invoqué pour justifier l'utilisation de l'article 48 afin de justifier son maintient au pouvoir, n'a pas non plus fait long feu. Risible d'ailleurs selon plusieurs membres de l'opposition comme Christian Vabé, président du RPCI-AC.
Alassane Ouattara a dû lui-même reconnaître que la menace jihadiste Ansar Dine n'est pas pour le moment une source d’inquiétude.

C'est Alain Richard Donwahi, secrétaire général du Conseil national de sécurité (CNS), qui pilote ce projet de déploiement des forces spéciales, qui sera prochainement étendu au Nord et à l’Est. Le Sud-Est n’est pas concerné, la localité d’Adiaké, non loin de la frontière maritime et terrestre avec le Ghana, disposant déjà d’une caserne et d’un camp de formation de commandos.
Selon plusieurs analystes, le clash entre Ouattara et son opposition réunie au sein de la Coalition nationale pour le changement (CNC) paraît inévitable. La tension est d'ailleurs palpable dans le pays où rien ne montre qu'une élection présidentielle va se tenir le 25 octobre prochain, comme annoncé officiellement hier par le gouvernement. Le chef de l'Etat a d'ailleurs déposé sa candidature le même jour à la commission électorale indépendante (CEI), dirigée par un de ses proches, Youssouf Bakayoko, récusé par l'opposition. Ce dernier était récemment sur une affiche de campagne du candidat Ouattara.
Le dépôt de la candidature du chef de l'Etat a aussitôt été qualifié de non évènement par Charles Konan Banny, le président de la CNC, lequel lui a demandé une audience au nom de sa coalition pour discuter des conditions de tenue de l'élection présidentielle.
Il n'a pourtant l'instant pas encore été entendu par le chef de l'Etat, qui est jusqu'à présent resté sourd aux injonctions de l'opposition, préférant lui-même choisir ses opposants jugés dociles comme Pascal Affi N'guessan, dont la coalition AFD s'est réduite comme peau de chagrin. En effet, Danielle Boni Claverie (URD), Ouattara Gnonzié (RPP), et Ahizi Ahizi (PIT), viennent de claquer la porte de l'AFD, pour rejoindre la CNC.
Nous y reviendrons.

Eric Lassale

18:39 Écrit par Lavane Murphy dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

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