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mardi, 14 avril 2015

FATOU BENSOUDA DÉCLARE LA GUERRE À SORO ET AUX OFFICIERS DE LA RÉBELLION POUR SAUVER LE TRÔNE DU DESPOSTE DRAMANE OUATTARA

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Fatou Bensouda et Dramane Ouattara parlent, en réalité, d’une même voix. Sur France 24, elle annonce que les enquêtes concernant les “Ouattara ou rien (les pro-Ouattara)” débuteront à la mi-mai 2015. Le samedi 11 avril 2015, face aux victimes de la crise postélectorale, Dramane Ouattara semble répondre, en quelque sorte, à Fatou Bensouda, quand il tient ces propos rapportés par Connection ivoirienne.net: “« Nous allons continuer à juger ceux qui ont commis des crimes, personne n’ira à la CPI. Nous jugerons toutes les personnes ici en Côte d’Ivoire parce que nous en avons la capacité et (pour) montrer que nous sommes un pays moderne et un pays de droit. Tous ceux qui ont commis les atrocités seront jugés et continueront d’être jugés quelles que soient les opinions nationales et internationales » Si « tous ces bourreaux » veulent « la clémence de la Nation, par l’intermédiaire du président de la République, il faut qu’ils demandent pardon aux Ivoiriens (sinon) il n’y aura pas de grâces ou d’amnistie » « J’entends ici et là des bêtises de justice des vainqueurs, est-ce qu’on a besoin d’une justice des vaincus? Si c’était les autres, ils nous auraient tués tous », « nous sommes un pays de droit ». Il affirme être « très très bouleversé » par ces violences postélectorales qui ont officiellement fait plus de 3.000 morts, et a appelé les victimes à « accepter de pardonner » car « la Côte d’Ivoire a besoin de tourner cette page » et de « vivre ensemble ». Il nous faut appréhender, analyser les propos de Ouattara, en tenant compte du contexte social, politique et militaire actuel. Le leader du RDR est inéligible, conformément à notre Constitution, il s’acharne donc à haranguer les foules, à faire des promesses qu’il ne tiendra pas, dans le but de s’imposer aux Ivoiriens comme le leader politique capable de nous apporter la paix. Avant de dévoiler le sens Cachant de ses affirmations tapageuses, souffrez que, dans un souci purement pédagogique, nous levions toute équivoque quant aux notions erronées de sciences politiques qu’il invoque. S’évertuer à répéter que la Côte d’Ivoire est un pays de droit est une affirmation erronée du point de vue des sciences politiques. Un pays de droit est incompatible avec un régime qui a, pour programme politique, le rattrapage ethnique qui ne peut engendrer qu’un régime despotique. Six mots suffisent à résumer cette doctrine politique : revanche et vengeance d’un groupe ethnique sur les autres tribus. Dans un régime despotique le droit n’est plus détenu par les magistrats mais plutôt par le desposte et les membres de son clan nommés justement à tous les postes-clés de notre pays. Le terme de « bourreaux » attribué aux constitutionnalistes, aux démocrates ivoiriens, appelés pro-Gbagbo, par un Ouattara inéligible qui a décidé « d’anéantir » et non de discuter avec les groupes armés qui écument l’Ouest de la Côte d’Ivoire est indécent. Un bourreau est quelqu’un qui martyrise moralement ou physiquement pour le compte d’un tiers : qui de Gbagbo ou de Ouattara est un bourreau, Dramane Ouattara, qui tient sa légitimité de la fameuse communauté internationale pour veiller sur leurs intérêts ou Gbagbo déclaré président par le peuple par l’entremise du Conseil Constitutionnel ? Ouattara, qui a déclaré la guerre aux constitutionnalistes ivoiriens, aux soldats républicains, affirme, paradoxalement, être très bouleversé par les violences de la crise postélectorale. La question est de savoir si lui Dramane va en guerre pour ressusciter des morts ou pour tuer des vivants. « Si c’étaient les autres il nous aurait tous tués », c’est justement ces autres qui lui ont permis d’être candidat aux élections à la présidentielle de 2010 et ont ainsi mis fin à son exil alors qu’il se réjouit de celui des Ivoiriens confinés dans les pays limitrophes. S’agissant de l’amnistie qu’il compte accorder à ceux qui demanderont pardon aux Ivoiriens, nous apprendrons à nos dépens que c’est la grande mascarade que préparent Ouattara, son régime et ses alliés chargés de détruire les partis politiques de l’opposition. A partir de l’analyse de ses propos et des prémices du futur discours d’un de ses alliés politiques de l’opposition, nous pouvons nous rendre compte que Ouattara est en train d’organiser un semblant de conférence nationale, en vue de « la réconciliation nationale », durant laquelle il cherchera à se substituer à la figure incontournable du président Gbagbo, le médiateur capable de conduire la Côte d’Ivoire à la paix. Les prisonniers politiques partisans de Gbagbo bénéficieront avec Soro et les officiers de la rébellion de l’amnistie s’ils se repentent, dit Ouattara, de tous les crimes commis. L’amnistie pose, en effet, un préalable : la reconnaissance formelle de tous les crimes dont on est accusé. Affi jette déjà les bases de cette grande mascarade dont l’objectif est de rendre de nouveau, légitime, et de manière exceptionnelle, la candidature de Ouattara, quand il invite les constitutionnalistes et légalistes pro-Gbagbo à rejoindre la « légalité » qu’il incarnerait : « Vos camarades vous attendent les bras ouverts, dans l’oubli des offenses, dans le pardon mutuel ». Pendant que les démocrates ivoiriens luttent pour que notre Constitution soit respectée et que la justice soit égale pour tous et ne soit pas sur mesure, en faveur de ceux qui détiennent les armes, Ouattara et ses alliés qui veulent, de nouveau, s’installer à la tête du pays, au moyen de la violence, donnent l’impression aux Ivoiriens, aux soldats mutins, à Soro et aux officiers de l’ex-rébellion qu’ils sont préoccupés par la paix, par la libération des prisonniers politiques car seule « l’amnistie » réconciliera les coeurs meurtris par la guerre et l’injustice sociale. L’amnistie que Dramane Ouattara veut accorder à ses officiers accusés de crimes contre l’humanité à six mois de la présidentielles démontre qu’il n’est pas intéressé par les élections, il ne compte pas sur le vote du peuple mais sur l’appui de ses armées. C’est pourtant à ce

niveau que se situe, paradoxalement, le piège politico-militaire que Dramane Ouattara et ses mentors tendent à Soro et à ses hommes, ses boucs-émissaires qui lui donnent du fil à retordre. Pour cerner ce piège, il nous faut simplement nous pencher sur le type de coopération que la Cour pénale internationale entretient avec les États souverains qui ont ratifié le Statut de Rome et sur le poids que revêt une loi d’amnistie au regard de la Loi de mise en oeuvre de la CPI. Quand un pays adhère au Statut de Rome, il se doit d’adopter des lois nationales qui lui permettent de coopérer avec la Cour pénale internationale. Cette procédure législative ; cette mise en oeuvre dans la Loi nationale des dispositions du Statut de Rome est dictée en fait par la Loi de mise en oeuvre de la CPI, afin que sa coopération avec des États souverains s’inscrive dans une loi de complémentarité. En résumé, disons que le Statut de Rome invite la CPI à respecter la souveraineté de chaque État avec lequel il se doit de coopérer. Lorsque Dramane Ouattara affirme qu’il n’enverra plus des personnes accusées de crimes contre l’humanité à la CPI, et les jugera sur le sol ivoirien, il met, en fait, en pratique la compétence juridique nationale à la place de la Cour. Malgré cette amnistie, il demeure cependant un hic que ne peut résoudre Dramane Ouattara. Sous les traits d’un sauveur il est, en réalité, en train de les livrer à la CPI, en se lavant les mains comme Ponce Pilate. La magistrate ivoirienne Gallo Blandine Koudou dans un texte intitulé « Amnistie et impunité des crimes internationaux » pose des questions fondamentales que ne peut éluder l’amnistie de Dramane Ouattara concédée surtout à ses hommes. La magistrate écrit en substance : « […] l’amnistie réaffirmerait que la nation est une et indivisible dans la République qui ne peut s’accommoder de pratiques en rupture avec les droits de l’homme. Aussi pertinents que soient ces arguments, la raison d’État doit-elle prendre le pas sur la défense et la protection de Droits pourtant déclarés « consubstanciels et inaliénables » ? ». N’y aurait-il pas alors un basculement vers l’impunité des ennemis de l’humanité (hostes humani generis) [….] » Sa préoccupation est de savoir « comment concilier les buts de l’amnistie avec l’impérieuse nécessité, voire l’obligation internationale de sauvegarde des droits de l’homme ». En affirmant que les enquêtes contre les « Ouattara ou rien » débuteront dans le courant du mois de mai, Fatou Bensouda fait officiellement sienne la préoccupation de Gallo et souligne déjà, à travers sa déclaration dont Ouattara avait déjà la teneur que sa loi d’amnistie n’est pas contraignante pour la CPI. Durant le procès de Gbagbo et de Blé Goudé qui ne bénéficieront pas de l’amnistie l’on appellera certainement à la barre Soro et les officiers de Ouattara, qui compte se débarrasser définitivement de ses boucs émissaires après son éventuelle installation à la tête de notre pays. L’arrestation de ces derniers « sous la pression de l’opinion publique internationale » ne pourra que susciter une autre mutinerie des ex-rebelles qui sera matée dans le sang par les casques bleus et l’armée française qui diront protéger « le président élu » de la Côte d’Ivoire conformément à de nouveaux accords de défense. Ouattara en profitera pour démanteler totalement l’armée ivoirienne et ne sera entouré pour sa protection que de casques bleus et de soldats français. Notre pays sera ainsi sous tutelle de l’ONU pour le compte de la France. Le principe de l’alternance mettra fin à la démocratie et fera l’apologie du despotisme déjà criant en Côte d’Ivoire. Fatou Bensouda, qui a choisi à six mois des élections de poursuivre les « Ouattara ou rien » ne fait que préserver le trône de Ouattara le monarque issu de son groupe ethnique puisque le rattrapage ethnique a désormais un caractère international. Elle lève ainsi une épée sur la tête de Soro et de ses hommes persuadés de trouver en Ouattara un « refuge ». Elle souffle le chaud et lui le froid. Ils visent tous les deux un objectif commun : mettre la Côte d’Ivoire (la vache à lait) puis l’Afrique, ce continent vierge, sous tutelle de l’ONU.

 

Une contribution d'Isaac Pierre BANGORET (Écrivain)

12:00 Écrit par Lavane Murphy dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

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