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vendredi, 03 avril 2015

VIDEO. Kenya: l'équipée sanglante du commando shebab à l'université de Garissa

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La prise d'otages sur le campus de Garissa, à l'est du Kenya, a fait 147 morts. Éléments de récit de l'attaque la plus meurtrière sur le sol kényan depuis 1998.

Des rumeurs d'attaques couraient déjà sur le campus universitaire de Garissa, à l'est du Kenya, depuis une semaine. Les étudiants y attribuaient peu de crédit, le premier avril et la fréquence de ces bruits de couloirs aidant.  

Jeudi 2, vers 5h30 du matin, un commando d'islamistes somaliens shebab s'approche du site de l'université. Les hommes qui le composent abattent deux gardes postés à l'entrée. Ils font irruption dans la résidence. Ils ouvrent le feu à l'arme automatique, au hasard. Ils lancent des grenades, arbitrairement.  

Les chrétiens pris pour cible

Sur les vingt dortoirs que compte le campus, quatre sont pris d'assaut par les assaillants. Parmi les 815 étudiants recensés, la plupart sont dans les bras de Morphée, d'autres se rendent à l'église pour la messe du matin.  

"Nous dormions quand nous avons entendu une forte explosion suivie de tirs, tout le monde a commencé à fuir", témoigne Japhet Mwala, rescapé. "J'ai bondi hors de mon lit et j'ai commencé à courir, raconte au Guardian Julia, étudiante en biologie. Nous ne savions pas dans quelle direction aller, les balles volaient de toute part."  

D'autres, pris au piège, n'ont pas eu cette chance et n'ont pu quitter les bâtiments. Le dernier bilan officiel fait état de 147 victimes.  

Les terroristes, dont le visage est recouvert d'un keffieh noir et blanc, ciblent en fait les chrétiens. "Ils étaient exécutés immédiatement", certifie un témoin à Associated Press. Les étudiants identifiés comme musulmans sont mis à l'écart et épargnés.  

Pour passer pour morts, des universitaires se barbouillent du sang de leurs amis exécutés. Les islamistes, eux, continuent leur périple mortel, passant de pièce en pièce, à la recherche de personnes à abattre.  

"Nous allons vous tuer, mais nous allons mourir aussi"

Les survivants décrivent un carnage. John, apprenti enseignant à l'université, s'est caché dans l'armoire lorsque les premiers coups de feu l'ont tiré de son sommeil. Il a entendu les preneurs d'otages demander "où étaient les infidèles". L'homme se remémore: "Les filles du dortoir voisin ont commencé à crier et à courir." Certaines prennent la fuite sans vêtement. "Dans la confusion, poursuit-il dans les colonnes du Guardian, j'ai réussi à fuir. C'était terrible. Je n'ai jamais eu aussi peur de ma vie."  

"Nous ne craignons pas la mort, cela va être de bonnes vacances de Pâques pour nous." Ces mots, prononcés par les attaquants en swahili, avant de tirer, résonnent encore dans la tête de Salias, 20 ans, témoin du drame. Autre miraculée de la tuerie, Maureen. "J'ai entendu les assaillants dire à mes amis: 'Ne vous inquiétez pas, nous allons vous tuez mais nous allons mourir aussi'." Et aussi: "'Vous ne serez en sécurité que le jour où votre président retirera les soldats de Somalie'."  

Couvre-feu jusqu'au 16 avril

Une terreur interminable. Les forces de sécurité kényanes donnent l'assaut tardivement, une dizaine d'heures après le début de l'attaque. Il faudra attendre six heures de plus pour que le Centre national de gestion des catastrophes annonce: "les quatre terroristes ont été tués".  

Les assaillants "portaient des explosifs qui ont détonné" lorsqu'ils ont été touchés, assure le ministre de l'Intérieur. D'autres voix assurent que les terroristes les ont déclenchés eux-mêmes. D'après une source sécuritaire occidentale, plusieurs membres des forces de sécurité et des otages pourraient avoir été tués au moment de l'assaut.  

Un couvre-feu est depuis imposé jusqu'au 16 avril dans les trois comtés longeant la frontière somalienne, plus un quatrième limitrophe de celui de Garissa. "Le Kenya est en guerre avec la Somalie", justifie le porte-parole du groupe islamiste des shebabs. Affilié à Al-Qaïda, il revendique l'attaque la plus meurtrière sur le sol kényan depuis celle commise contre l'ambassade des Etats-Unis, en 1998.

 

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/kenya-l-equipee-sanglante-du-commando-shebab-a-l-universite-de-garissa_1667987.html

16:56 Écrit par Lavane Murphy dans Blog, Film | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

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