Il est des guerres qu’il faut montrer, il est des guerres qu’il faut cacher. Selon qu’elles portent les intérêts des uns ou des autres, les images passeront en boucle ou bénéficieront de la plus totale discrétion.

La guerre du Donbass, « l’action antiterroriste » des « autorités de Kiev » contre les populations locales est exemplaire à ce sujet. Les chaines russes multiplient quotidiennement témoignages et images des exactions de la « junte » contre les populations civiles des territoires rebelles. Alors que la presse européenne conventionnelle ignore systématiquement ce qu’elle mettrait en boucle si les intérêts de l’UE le justifiaient.

Car ces images sont effroyables. On peut les nier, les cacher, elles restent épouvantables. Comme toutes les images de guerre, de corps déchiquetés, d’autobus explosés. Une horreur cachée reste une horreur.

Alexandre Rogatkine a réalisé ce reportage dans les heures qui ont suivi le départ des troupes de Kiev du « chaudron de Debaltsevo ». Dans ces villages où ils se terraient, des vieillards sortent tels des zombies de leurs caves pour piller les nourritures abandonnées dans leurs campements par les soudards de Kiev. Des nourritures qu’ils s’appropriaient sur l’aide humanitaire envoyée par Kiev aux habitants. Les survivants racontent non tant les exactions que l’amateurisme de ces hommes investis par Kiev du pouvoir de tuer, humilier et violer les « terroristes » locaux. L’incohérence de ces hommes de troupe qui distribuent des boites de lait condensé au premier passage, et tirent dans les fenêtres au retour, selon qu’ils sont ivres ou non. Ou selon leur humeur, ou leur envie d’en découdre.

Les images des « enfants gazés par Bachar » tournaient en boucle sur Euronews. Debaltsevo rien. Est-il besoin d’expliquer que lorsque l’Otan confie ses intérêts à de sombres et médiocres criminels fascisants, les images n’ont aucune place sur les chaines du monde libre.

 Mufasa